le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Mercredi 28 mai 2008

Je viens de recevoir un caviste, client  de longue date venu refaire son stock des différentes références que je propose. Lors de la discussion qui ne manque pas d'arriver lorsque ce passionné vient chez nous, il a été question de l'image des Bordeaux dans sa région, en l'occurrence la vallée de la Loire.

Vous pouvez vous en douter, elle n'est pas très bonne. Certes, on peut dire que c'est aussi une région productrice et qu'il y a une sorte de chauvinisme local bien compréhensible.

Malheureusement, je ne pense pas qu'il s'agisse de la principale cause du désintérêt pour les vins de Bordeaux dans notre pays.

Chaque fois que je sors, je fais la même constatation en écoutant ou en observant les gens. Beaucoup évitent Bordeaux quand ils ne critiquent pas ouvertement.

Les qualificatifs qui reviennent très souvent sont "cher" et "pas bon".


Je précise toutefois que la clientèle en question est celle visée par les "petits Bordeaux" et pas celle des grands crus.

Bien-sûr, il y a les habitués, ceux qui consomment une marque et qui lui font pleinement confiance. Heureusement, il y en a et finalement ils sont assez nombreux.

 

Mais je parle de l'approche que les gens ont vis-à-vis des vins de la région. Très souvent, lors de dégustations, j'ai vu les consommateurs se détourner des Bordeaux et passer du Côtes du Rhône aux vins du Sud-ouest ou du Roussillon, pourtant plus chers, en "sautant" le Bordeaux. Parfois, les gens sollicités pour un Bordeaux le refusent carrément.


Est-ce un effet de mode ? Peut-être.

Mais au-delà de l'autosatisfaction des responsables des appellations concernées, il y a un vrai problème.

Je pense que Bordeaux a tué la poule aux œufs d'or ; ou du moins la poule est tellement en mauvaise santé qu'elle ne peut plus pondre, pas même des œufs normaux.

Que faire pour redresser la situation ?

C'est difficile à dire. Sûrement se remettre en question et faire des efforts, des vrais. Mais Bordeaux, c'est un peu comme la France. On sait qu'il y a un problème mais on n'est pas d'accord pour que les efforts passent pas soi-même.

 

Dans mon coin, je n'ai pas l'impression de démériter car j'ai le sentiment que les amateurs de mon type de viticulture sont de plus en plus nombreux.
Il faut vaincre le courant contraire que nos appellations locales ont elles-mêmes généré. C'est un peu plus dur que dans l'eau parfaitement calme.

J'en arrive à me poser une question : est-ce l'appellation qui compte ou tout simplement la marque présente sur la bouteille ?
Pour ma part, j'opterais plutôt pour la seconde solution. C'est du moins comme cela que je positionne nos vins. Ils sont avant tout nos vins, certes issus de leur région, celle qui les a fait naitre, mais aussi et surtout de mon cœur, mon âme et ceux de Jean-Michel.

par Corinne Comme publié dans : Etats d'âme
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Lundi 26 mai 2008

Je ne vais pas vous raconter une fois de plus nos mésaventures météorologiques car le sol n'a pas le temps de sécher avant une nouvelle pluie.

Pour avoir des informations sur la vie du viticulteur sous la pluie, il suffit de se reporter à de nombreux billets précédents qui traitent de ce sujet...

Mais la pluie a aussi du bon car elle permet parfois d'arrêter de travailler pour se détendre.

A ce titre, je voulais vous parler d'une très jolie ville : Bergerac.

Lorsque nous habitions chez nos parents, notre "centre économique" local était bien entendu Sainte-Foy La Grande. Il y avait de nombreux magasins et on y trouvait presque tout.

Cependant, quand on en était rendu au "presque" et qu'il fallait un article introuvable sur place ou tout simplement un choix un peu plus large, on se tournait vers Bergerac.

Les commerces y étaient très nombreux.

Puis, après la mort de ma belle-mère et la reprise du domaine, nous avons surtout passé du temps à travailler.

Mais récemment, nous avons recouvert Bergerac qui s'est entre-temps embellie. La vieille ville a été restaurée pour le développement du tourisme.

Un parking gratuit  est aménagé sur les quais pavés de pierres.

De là, il est même possible de faire une promenade en gabare sur la Dordogne. Ces bateaux à fond plat étaient autrefois utilisés au transport de marchandises du haut pays jusqu'à Libourne et Bordeaux. Ils amenaient entre-autres les bois de châtaignier destinés au cerclage des barriques. Ils étaient équipés d'une petite voile et descendaient avec le courant. Par contre, la remontée se faisait avec des bœufs qui tractaient les bateaux le long de "chemins de halage". Il devait falloir beaucoup de temps pour rejoindre Souillac depuis Libourne!


Toutes les villes traversées constituaient donc des étapes pour les gabariers.

Les quais de Bergerac, mais aussi ceux de Sainte-Foy sont les témoins encore vivants de cette époque.

Fort logiquement, la vieille ville se trouve en face et à proximité immédiate des quais.


Les vieilles maisons à colombages et les vieilles pierres font penser à la fois à Sarlat et à Saint-Emilion.



Il y a aussi de petites ruelles tortueuses et de fortes pentes.

En étant tout à fait objectif, ce n'est pas aussi grand que ces deux villes phares, mais l'ambiance y est très détendue. La sensation d'être dans une usine à touriste n'existe pas contrairement aux deux grandes sœurs.

 
La municipalité a fait de vrais efforts pour la mise en valeur de ce patrimoine et je l'en félicite.


Vous remarquerez que je vous ai épargné la statue de Cyrano!!!

Puis, à quelques mètres de là, la ville moderne avec ses boutiques, reprend ses droits. Il y a tous les magasins d'une ville de cette taille. On a deux villes en une !

On y trouve de tout et pas seulement des souvenirs ou des magasins de vins.

Pour les amateurs de vins, il y a aussi les vignobles à proximité. Comme partout, il y a de tout, du médiocre, du moyen et du très bon. Ces derniers, tout le monde les connait et ils n'ont pas besoin de ma modeste publicité. On peut citer, Tour des Gendres, Les Verdot de notre ami David Fourtout, Tirecul la Gravière à Monbazillac et plusieurs autres. Je me dois aussi de citer Moulin-Caresse (Montravel) même si la localisation de ce domaine est plus proche de chez nous que de Bergerac.

Je vous invite donc à vous arrêter à Bergerac si vous avez l'occasion d'aller en Dordogne. Vous y passerez quelques instants de vérité avec les vieilles pierres.

C'est ouvert tout le temps et pas seulement lorsque les vignes de Champ des Treilles sont trop humides pour y travailler...

par Corinne Comme publié dans : Divers
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Vendredi 23 mai 2008

Certes, le titre est un peu provocateur mais il reflète bien notre état d'esprit face au problème des maladies et particulièrement des maladies du bois, véritables cancers des ceps de vigne.

 

Il y a quelques jours, je vous parlais du chantier de complantation. Certes, remplacer les ceps morts dans l'année est une opération indispensable à la pérennité de la parcelle, mais on devrait se poser la question fondamentale du pourquoi d'une telle mortalité. J'ai pris un cliché d'une parcelle de vignes hautes et larges pour illustrer mon propos. Je n'ai pas la prétention de dire que c'est bien mieux chez moi. Mais dans l'exemple choisi, les jeunes plants sont protégés des désherbants chimiques par des manchons plastiques. Il est donc plus facile de se faire une idée de la situation que dans mes parcelles labourées qui n'ont pas ses appendices colorés.

 

Effectivement, on constate depuis quelques décennies que les maladies du bois sont en recrudescence. Donc, en grands scientifiques devant l'éternel, on tente de trouver le produit chimique qui va enfin éradiquer le champignon responsable. En fait, on s'est rendu compte assez vite que la situation n'est pas aussi simple et qu'il n'y a pas qu'un seul pathogène mais plusieurs qui se succèdent ou agissent ensemble ou séparément...

On aura payé des générations de chercheurs à ne faire que chercher et ne rien trouver de concret pour le viticulteur.

 

Vous l'avez compris, on ne sait pas grand-chose en vérité. Et puis, quelle importance?

 

Pour ça comme pour beaucoup d'autres choses, on a oublié l'essentiel c'est-à-dire se demander pourquoi on en est arrivé là. Qu'est-ce qui a changé dans notre viticulture pour en être rendu à se poser la question de la survie même de certains cépages?

C'est tellement logique que le formatage de notre pensée nous fait passer à côté de ce bon-sens élémentaire.

 

Evidement, je suis persuadée qu'il existe un lien étroit entre l'évolution des maladies du bois et les changements intervenus dans notre viticulture.  Si j'avais la réponse exacte, je pourrais prétendre au prix Nobel. Malheureusement, il nous reste de fortes présomptions. On peut citer pêle-mêle, les produits phytosanitaires, les désherbants, les engrais chimiques, les clones productifs,...

On peut aussi ajouter des raisons plus subtiles comme la volonté de voir certains cépages dans des zones où ils n'auraient jamais du se trouver, les techniques de taille propres et génératrices de grosses plaies inutiles,...

Comme toujours, rien n'est vraiment fondamental mais tout compte.

A la fin, il y a des ceps qui meurent tous les ans, des vignobles qui rajeunissent dangereusement. Bref, un vrai patrimoine qui s'en va...

par Corinne Comme publié dans : Etats d'âme
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Jeudi 22 mai 2008

C’est avec grand plaisir que je viens de recevoir un négociant, nouveau pour nous, accompagné de l’un de ses acheteurs danois.

Chez nous, les visites sont avant tout des moments de vrai convivialité car maison et salle de dégustation ne font qu’un. C’est un choix personnel car nous avons notre authenticité à proposer en plus de la qualité des vins.

 

Arrivés en fin de matinée les invités se sont tout de suite sentis en confiance en découvrant leur drapeau national déployé pour eux, dans ce petit bout de bordelais loin des fastes des grands crus.

 

Après la traditionnelle visite du vignoble qui est pour nous un passage obligé et la visite des chais, nous avons commencé la dégustation des vins, confortablement installés dans les canapés du salon.

C’était un moment à la fois professionnel mais aussi familial car le client était venu en famille.

Avant chaque visite, j’ai toujours l’appréhension de la rencontre avec des personnes inconnues qui pourraient s’attendre à trouver un cru prestigieux au lieu d’un modeste domaine.

Tout le monde était très détendu et le déjeuner qui a suivi fut agréable et amical.

Le client qui avait déjà dégusté la gamme avec le négociant a redécouvert certains vins au moment du repas. Il a donc retenu une commande complète.

Ceci me ravit car je cherche avant tout à faire, non des vins de concours mais des vins à boire …si possible jusqu’à la dernière goutte.

 

Le client orienté exclusivement vers les vins biodynamiques a vu sa vie bouleversée il y a quelques années par une émission télé consacrée à la différence entre les aliments « conventionnels » et les aliments biodynamiques. Ce fut une révélation pour lui. Instantanément, il a vidé ses placards et son frigo tous les aliments jugés « nocifs » à la santé.

A la suite de cela, il a changé de vie et de métier pour se consacrer aux vins biodynamiques.

 

Les premières commandes étaient pour des vins biodynamiques …mais de piètre qualité. La distribution était du vrai bricolage.
Depuis les choses se sont améliorées ; les vins biodynamiques aussi !

 

Même si notre orientation vers le bio et la biodynamie s’est faite avant tout pour des questions de sensibilité, il faut reconnaître que pour un domaine tel que le notre, le fait de proposer des vins bio constitue malgré tout une avantage commercial de plus en plus évident au fur et à mesure que le temps passe.

 

Bien sûr, il faut avant tout que les vins soient bons et d’un bon rapport qualité-prix ; ce qui semble être le cas pour nos vins.

 

Mais étant bordelais de fait et de cœur, nous vivons avec une certaine amertume le fait que très peu de maisons de négoce locales s’intéressent à de petits châteaux comme les nôtres.

 

Notre distribution passe très rarement par la « place bordelaise ».

 

D’une certaine façon, je le comprends car vendre du Champ des Treilles nécessite avant tout de croire au projet mais aussi de faire beaucoup d’investissement de promotion pour une marque inconnue, des volumes faibles et des prix bas. Il faut donc aller chercher le client, le convaincre.

Il est beaucoup plus intéressant pour eux d’essayer d’avoir des allocations de Grands Crus qui sont des vins connus dans le monde entier, qui sont très demandés et qui ont de prix élevés donc des marges dans le même sens.

 

Mais lorsqu’on fait ce métier, on ne vend pas un produit comme un autre et le fait de résumer son activité à de simples marges est très restrictif.


De plus, rares sont les négociants qui sont capables de ressentir l’âme et la passion qu’il y a dans nos vins. Je ne parle même pas de la sensibilité bio et encore moins biodynamique car ces philosophies ne font pas (encore) partie du paysage local.

 

Bref, il faut se retrousser les manches pour promouvoir nous-mêmes nos vins. D’un autre côté, qui mieux que nous peut parler de nos vins avec autant de passion ?

par Corinne Comme publié dans : Vie du Domaine
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Mercredi 21 mai 2008

Dans un vignoble, il y a toujours quelque chose à faire,...du moins si on le souhaite.

On nous a appris à voir la mécanisation comme la solution à tous les problèmes. C'est peut-être vrai chez certains mais nous voyons avant tout notre métier comme une succession de gestes manuels, précis qui font la différence à la fin par rapport à une approche industrielle des choses.

Fréquemment, dans nos terres argileuses, l'eau creuse dans les sentiers des sillons qu'il convient de supprimer.


La dernière chose à faire est d'utiliser un engin de terrassement qui en supprimant l'herbe, laisse la terre nue donc très exposée au ravinement.

C'est l'herbe qui "tient" le sentier.

Quand je vois encore très souvent des "tournières" de vignes entièrement désherbées chimiquement, je ne peux pas m'empêcher de penser à la misère intellectuelle qui s'est emparée des nouvelles générations de viticulteurs.

Chez nous, la solution passe par la disposition de pierres dans les rigoles. Heureusement, la nature nous offre à profusion ces pierres dures qui se trouvent à même le sol dans les vignes et les champs.

Autrefois, elles constituaient le matériau de construction. Notre maison et nos bâtiments anciens sont uniquement réalisés avec ces moellons assemblés avec de la terre locale. Dans les forêts alentours, des trous creusés semblent être des zones d'extraction de cette argile. Je suppose que toutes les terres ne se valaient pas pour ce travail et tout comme pour la vigne, il devait y avoir des "terroirs" privilégiés pour la construction.

Il existe à  l'état naturel toutes les tailles et toutes les formes de pierres. En général elles sont directement utilisables pour constituer des murs en moellons. Il suffit de les ramasser.

De ce fait, dans le passé, les maisons ressemblaient à leur région car issues de la région elle-même. On ne voyait donc pas du style basque ou provençal ailleurs que dans ces zones.

Malheureusement  pour notre époque, malgré les contraintes légales, on peut "admirer" des choses surprenantes...

Pour en revenir à nos sentiers, il convient de choisir les "cailloux" avec attention. Les formes plates sont particulièrement adaptées; c'est une chance car il y a surtout des formes plates.

Nous utilisons un stock de pierres ramassées par mes beaux-parents il y a quelques années après une plantation.

Puis on les dispose au bon endroit, dans le sens qui convient, une par une pour combler le trou sans faire un monticule à la place. On constitue donc une sorte de dallage.

Puis, à l'aide d'une masse, on casse les moellons en morceaux plus petits afin de les marier plus finement à la terre.


A la prochaine pluie, l'eau déposera des sédiments entre les cailloux et consolidera de ce fait la zone.


L'eau est donc un outil que l'on va utiliser pour la combattre. C'est magique!

Cela reste avant tout un vrai travail de fourmis qu'il faudra renouveler dans un ou deux ans en fonction des pluies et du nombre de passage de tracteur en conditions humides.

par Corinne Comme publié dans : Vie du Domaine
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Mardi 20 mai 2008

C'est encore la période de plantation de tomates dans les jardins. Pour s'assurer une production future abondante et durable, c'est-à-dire jusqu'aux premières gelées, il existe une technique très simple à mettre en œuvre.

Une fois de plus je vais vous parler d'orties. A force, vous aurez compris que cette plante est vraiment magique, tant ses bienfaits sont nombreux.

Et encore, je ne vous dirai rien de ses qualités, au même titre que le chanvre ou le lin, pour en faire du tissu.

Une fois que le sol est préparé à la plantation, il faut mettre le piquet, tuteur du futur plant de tomate.

Là, au pied du piquet, à l'endroit même où va être le plant, on fait un trou d'une dizaine de centimètres de profondeur et de la taille d'une bouteille de vin.


Puis on y place une poignée d'orties fraiches. Il suffit de couper 5 à 6 tiges puis de les plier en 2.

Ensuite on place les orties dans le trou avant de reboucher.


Enfin, on plante le pied de tomate directement au même endroit.



Il ne faut bien sûr pas hésiter à arroser abondamment dès que la plantation est faite.

Nous utilisons cette technique de plantation pour la tomate depuis plusieurs années et les résultats sont spectaculaires.

Même en 2007, année favorable au mildiou, particulièrement en Médoc (...) nous avons eu de belles tomates jusqu'à la fin des vendanges et sans aucun traitement.

Pour le jardin potager (sinon partout ailleurs), nous sommes devenus un peu "biocon", c'est-à-dire que l'on ne traite pas du tout, même pas à la bouillie bordelaise.

L'an dernier, Jean-Michel a planté ses tomates sur orties puis à la fin, il lui restait 3 pieds qu'il a préféré garder pour remplacer d'éventuel pieds morts après repiquage.

Ces 3 pieds ont été mis en terre à quelques dizaines de centimètres des autres pieds.

Finalement, aucun pied n'a du être changé donc les 3 "remplaçants" sont restés en place.

Lorsque les attaques de mildiou sont arrivées en juin-juillet, ils ont été ravagés par la maladie alors que les autres étaient pratiquement indemnes!


Quand je vous dis que l'ortie est magique!!!

par Corinne Comme publié dans : Divers
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Lundi 19 mai 2008

On pourrait dire qu'il manque aussi le guide du routard dans la poche pour être un vrai baba-cool ; du moins selon la chanson de Renaud.

Pourtant, lorsque je vois l'herbe pousser dans les vignes sans possibilité de labourer, ni même de traiter, je me dis que les gens doivent vraiment nous prendre pour des écologistes première génération. Vous savez, ceux que l'on rencontre dans toutes les communes ou presque et qui servent d'exemple à ne pas suivre tant leurs parcelles sont sales et leurs récoltes hypothétiques.

 

 

Après le dernier traitement du week-end dernier, il a plu dès lundi et mardi. Les 21 mm associés à des températures assez basses n'ont pas permis de pouvoir repasser traiter avant la prochaine pluie du vendredi; soit 14 mm supplémentaires. Le cuivre de la dernière fois était lessivé depuis longtemps avec l'impossibilité de repasser.

Je ne parle même pas des labours…

D'une semaine à l'autre, Jean-Michel affine les réglages de ses décavaillonneuses, du moins sous le hangar. Il ne reste plus qu'à pouvoir effectuer le plein de carburant en 8 secondes et on pourra les comparer à des formule 1. Si certaines années, les tracteurs et le matériel sont sollicités en laissant l'entretien de côté, ce n'est pas cette année.

 

Au-delà de ces tracas, on touche aux limites du bio avec ces conditions difficiles. Rassurez-vous (ou ne vous réjouissez pas selon les cas) je ne suis pas en train de vous dire que la lutte chimique est la solution idéale.

Mais des épisodes pluvieux comme ceux que nous subissons depuis plusieurs semaines, et même depuis plusieurs mois, rendent les passages de tracteurs plus difficiles.

Il faut aussi garder son sang-froid et espérer un petit coup de pouce de la chance…

 

Le samedi a vu 8 nouveaux millimètres venir remplir un peu plus le pluviomètre.

 

Heureusement dimanche, c'était jour fruit, et en général il ne pleut pas les jours fruit!

Statistiquement, c'est une réalité. J'invite même les gens qui ne font pas de biodynamie à se faire leur propre expérience pour tenir compte de ces informations afin de planifier leurs passages.

Les jours fruit sans pluie sont une bénédiction pour les viticulteurs car les traitements biodynamiques spécifiques se font justement en jour fruit. C'est au moins un avantage.

 

Jean-Michel a pris la décision de traiter, ou du moins d'essayer de traiter, après avoir laissé les terres se ressuyer quelques heures. Le temps instable ne permettait pas d'attendre encore.
Dans ces cas là, il faut ranger (provisoirement) au placard les grandes idées sur le respect des sols car un passage en conditions très humides n'est jamais bon. L'essentiel est pour le moment la récolte, pour le reste on verra.

Le traitement s'est fait sans trop de dégâts. Il a fallu toute la technicité de mon beau-père, Yves, pour ne pas perdre le tracteur dans un grand talus que surplombe la vigne.

 

Une chose est sûre cependant, après la pluie, le beau temps revient toujours! Le problème est de savoir quand…

par Corinne Comme publié dans : Vie du Domaine
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Vendredi 16 mai 2008

Suite au très bel article « château du Champ des Treilles : au bonheur des vignes » de notre ami Eric sur son  blog (www.boiremanger.canalblog.com) certains d’entre vous qui m’ont questionnée sur la recette du velouté d’orties.

 

Il y a quelques jours, je vous parlais de la récolte de ces plantes.

Je voudrais leur rendre un vibrant hommage car elles sont de véritables bienfaitrices pour notre santé et pour celle de la vigne.

 

Au sortir de l’hiver, la consommation d’orties, qui sortent juste de terre, est une cure de jouvence.

 

Pour 4 personnes :

Il faut choisir les pointes avant qu’elles ne fleurissent et les récolter plutôt un jour fleur (pour les initiés) si on veut profiter pleinement des actions bénéfiques, ou n’importe quel jour si c’est la gourmandise qui nous guide. J’en récolte l’équivalent d’une passoire.

 

Je les rince en éliminant les tiges dures puis les essore avant de les mettre à fondre dans du beurre.

J’ajoute 4 belles pommes de terre pelées et coupées en morceaux. Je couvre d’eau à hauteur et je laisse cuire à feu doux.

 

Je mixe avec deux cuillerées à soupe de crème fraîche. C’est très facile à réaliser et ne coûte pas grand-chose.

 

Les plus curieux pourront essayer de goûter quelques feuilles crues : il faut les rouler en gardant le coté « poilu » à l’intérieur. Il est alors intéressant de noter la texture extrêmement sèche……on en reparlera lors de la réalisation des tisanes que l’on pulvérise sur la vigne.

 

Bon appétit et bonne santé !

par Corinne Comme publié dans : Cuisine du Champ des Treilles
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Jeudi 15 mai 2008

Je suis honorée de voir un billet consacré à mon travail (lien). J'aurais préféré, pour être tout à fait honnête, qu'il s'agisse plutôt de félicitations et d'un encouragement à continuer dans cette voie.

Vous remarquerez tout d'abord que je ne vous appelle pas camarade et que j'ai des difficultés à tutoyer les gens que je ne connais pas. Cela vous montrera donc que je n'appartiens ni à un groupuscule d'extrême-gauche, ni même à une quelconque communauté post soixante-huitarde en rupture avec la société libérale et ses multinationales.

 

Effectivement nous ne pratiquons pas la même viticulture et c'est tant mieux car chacun doit pouvoir vivre sa passion à sa manière avec ses propres convictions.
Je ne vais pas me livrer une fois de plus à une comparaison entre mes pratiques et la lutte "conventionnelle".

Je fais de mon mieux selon mes convictions et dans l'intérêt de mes parcelles.

 

Je dois vous signaler que votre viticulture, Jean-Michel l'a pratiquée pendant des années, avant dévoluer vers une vision plus fine de son métier. En ce qui me concerne, je la connais pour la subir tous les jours car mon logement médocain est entouré de parcelles cultivées avec ce type de lutte conventionnelle ou "bio-technique" selon votre expression. Le mot, très à propos pour une bonne conscience de façade ou pire de conviction, révèle une vraie volonté de partage car pour ne pas en profiter, je suis obligée de rentrer mon linge et fermer mes volets à chaque arrivée de pulvérisateur ; piètres solutions pour me protéger de substances qui ne sont ni bio ni techniques.

 

Chez moi, je n'utilise pas la confusion sexuelle mais là aussi je la subis autour de chez moi. Contrairement à vos suppositions, je suis opposée à cette technique qui vise à répandre dans l'environnement des litres d'une substance, de surcroit de synthèse, alors qu'elle est active à une valeur de l'ordre du milliardième de gramme. Je ne suis pas sûre que l'on maîtrise son devenir dans la nature!

 

Rien n'est jamais dangereux, mais le taux de cancer a doublé en 25 ans dans notre pays. Il n'y a bientôt plus de poissons males dans les rivières par la faute des hormones destinées aux femmes et qui ont eu la mauvaise idée de franchir la barrière des espèces. La fertilité des agriculteurs n'a jamais été aussi basse et ils ont, semble-t-il, la fâcheuse tendance à mourir dune tumeur du cerveau qui ne touche que cette profession .

Quant à moi, je suis partie une nuit  de 2006 en ambulance avec des vertiges qui me faisaient penser que jallais mourir. Jai eu des séquelles pendant 2 mois.  Je nai jamais ressenti ces maux avant cette date et plus jamais depuis.

Ma seule faute était de me trouver chez moi alors que mes voisins traitaient.

La liste est longue, très longue, trop longue.

 

Nous sommes géographiquement distants de près de 1000 km. Mais la distance qui nous sépare au niveau des idées est encore plus importante, il me semble.

Contrairement à vous, je pense qu'une substance chimique véhiculée dans la sève ne peut pas être sans conséquence sur la santé fine du végétal, ni ce qui est plus grave, sur la santé des personnes qui consomment ces produits végétaux.

Je pense aussi que les substances chimiques répandues sur le sol ne sont pas sans conséquence sur les micro-organismes quil contient et qui le rendent unique.

 

Certes, ma viticulture est plus exigeante. On doit regarder le ciel fréquemment en essayant de comprendre son évolution pour traiter au bon moment. Parfois, il faut passer et repasser presque aussitôt sans avoir à se "caler" sur un programme de traitement défini depuis le premier janvier de chaque année et qui permet de ne passer que tous les 14 jours même en cas de pluie et en y intégrant aussi les jours fériés.

 

Il faut aussi passer des heures dans le tracteur à toute petite vitesse, à surveiller des charrues qui ont parfois la mauvaise idée d'accrocher on ne sait pourquoi, un cep qui n'a pas fait parler de lui depuis 30 ans et qui un jour va vouloir se mettre en travers au point d'être arraché.

Et quand on sait que  je cultive des parcelles au lieu-dit « Terres grasses », on comprend que le sol y est parfois collant, nécessite des efforts et beaucoup dabnégation.


Il est aussi plus confortable d'avoir une double récolte sur pied puis de faire tomber l'excédant lorsque les risques divers sont passés plutôt que de viser naturellement le niveau de rendement souhaité en ayant accepté l'idée que parfois les choses ne se déroulent pas comme prévu.

 

Je n'ai ni fortune personnelle, ni gloire. Mes prix de vente, tout le monde peut les connaître sur notre site internet et voir qu'ils ne sont pas en relation avec les engagements que nous avons pour notre petit domaine.

Jean-Michel et moi sacrifions beaucoup pour cette passion. Mais la vigne et le vin nous le rendent à leur façon. C'est du moins ce que nous ressentons.

 

Je n'ai jamais cherché à imposer mes idées aux autres. Peut-être vous ai-je choqué? Ce n'était pas mon objectif.

Chacun est libre de la viticulture qu'il souhaite pour son vignoble. Je ne critiquerai pas ceux qui désherbent chimiquement ou qui vendangent mécaniquement pour des problèmes de rentabilité.

J'ai fait un autre choix qui me coûte en énergie, en fatigue et en tracas.

 

Il y a au moins une chose qui peut ressembler des amoureux du vin comme nous le sommes tous, c'est une bonne bouteille, bio ou pas, à partager avec sérénité et convivialité.

C'est pour cette raison, cher Eric, que j'aurai toujours plaisir à vous rencontrer.

par Corinne Comme publié dans : Etats d'âme
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Mercredi 14 mai 2008

En ce jour gris et pluvieux, j'ai choisi de vous faire partager quelques photos de fleurs prises dans nos vignes.
Pour une fois, je ne dirai rien d'autre.

















C'est quand même beau la nature...quand elle est respectée.
par Corinne Comme publié dans : Divers
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