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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 14:33

Les cuves de 2013 sont maintenant entrées dans la toute dernière phase de leur fermentation alcoolique.

On ne peut pas dire que l’année aura été propice aux fermentations lentes ; c’est même le contraire.

Toutes les cuves ont encore un peu de sucre mais il faut de l’attention pour le détecter à la dégustation.

Avec la fin de fermentation qui approche, les blancs sont dans cette phase ingrate qui fait que les odeurs de levures dominent encore sur les arômes de fleurs et d’agrumes ; ou même les notes minérales.

Pour beaucoup de vins, l’arôme se résume aux composés issus de la fermentation ; c’est leur seule qualité et donc dans ces cas le choix de la levure est primordial. Mais ces composés sont violents, vulgaires et ne durent que le temps d’une gorgée. Je déteste ces vins qui me font penser à ces eaux de toilettes simples, envahissantes et très vulgaires.

En dégustant mes blancs actuellement, il faut leur laisser un peu le temps d’évacuer ces odeurs fermentaires. Très vite la pureté et la complexité que je recherche reprennent le dessus et alors il est difficile de ne pas finir le verre…

Pour les rouges, j’ai heureusement pu réaliser le rythme d’extraction que j’avais en tête en dégustant les raisins. Je devrais plutôt dire en mangeant les raisins tout en vendangeant. C’est moins technique que des dégustations de grains en petit comité d’experts, où chacun donne son avis en pensant évidemment qu’il est le bon.

Mais moi, je mange des graines en coupant les raisins. Effectivement, comme en plus, je suis la vigneronne et la vinificatrice de cette vendange, j’essaie quand même de l’imaginer dans la cuve en me demandant quelle serait la meilleure approche d’extraction et de vinification au sens large pour en tirer le meilleur.


Cette année, encore plus que les précédentes, il convenait de faire des extractions dans la délicatesse pour obtenir des vins ayant le toucher de tanins tel que je l’ai en rêve.

Pour autant, délicatesse ne veut pas dire dilution, bien au contraire. La biodynamie nous permet d’exprimer de nos terroirs, la profondeur nécessaire dans les vins tout en gardant la noblesse et l’élégance.

C’est une vinification avec des gestes attentifs et doux d’une maman qui accompagne ses enfants.

Même si les jeunes années de mon fils et ma fille s’éloignent maintenant, la douceur d’une maman envers ses enfants, c’est comme le vélo ; ça ne s’oublie pas !

A la différence du vélo qui s’apprend, la tendresse maternelle est quant à elle inscrite dans les gènes.


Et c’est avec la même bienveillance que je m'occupe de mes cuves.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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