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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 13:41

Petit silence cette semaine pour cause de fin de vendange. La pluie annoncée pour la fin de semaine à Bordeaux est arrivée cette nuit (14 mm de plus à ajouter à tout le reste...).

En prévision de cela, on a baissé la tête pour finir assez vite les Cabernets et le Petit-Verdot.

C’est chose faite. Là non plus, les rendements ne vont pas exploser les plafonds tout en étant moins pires que pour les Merlots.

C’est une année qui restera dans les annales de Bordeaux mais aussi de beaucoup d’autres régions du pays.

Pour l’heure, il faut s’occuper des cuves. Et c’est justement parce qu’il y a peu de cuves pleines qu’il faut redoubler d’attention pour elles.

Les jus de Cabernet affichent un beau 13° potentiel ; ce qui est plus qu’honorable dans le millésime.

Je suivais leur évolution jour par jour car avec les pluies précédentes, l’état sanitaire menaçait de se dégrader à tout moment.

Il y avait bien quelques baies atteintes de la pourriture mais rien de bien significatif. Au contraire, l’accalmie dans la pluie a permis aux raisins de reprendre du goût. Et surtout, j’ai constaté que très rapidement les peaux ont « basculé » vers la maturité finale en s’affinant et en présentant des tanins beaucoup plus souples.

C’était donc le moment.

Pour le Petit-Verdot, c’était un peu la même chose. Les raisins sont restés presque parfaits jusqu’au dernier moment. Eux-aussi ont changé très rapidement pour procurer du plaisir quand on les avait en bouche. Evidemment, il lui reste toujours cette pointe d’acidité qui caractérise ce cépage et qui lui a même valu son nom. En effet, Verdot vient de « vert » c’est-à-dire acide. « Petit » est dû à la taille des grappes.

Dans la viticulture française, beaucoup de noms ou d’expressions sont issus de constatations très pratiques et imagées. Cela met de la poésie dans notre métier.

Maintenant, c’est aussi l’heure du nettoyage et du début du rangement du matériel de réception de vendange. On lave aussi une dernière fois les cagettes avant de les remettre sagement en piles dans le garage jusqu’à l’année prochaine.

Il y a toujours un mélange de satisfaction et de nostalgie dans ces instants où on se rend vraiment compte qu’il faut tourner la page des vendanges.

Enfin et déjà devrais-je dire.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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