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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 17:55

On peut maintenant dire que les vinifications 2013 ont franchi un dernier pas significatif : la dernière cuve a été décuvée.

Il s’agissait de la cuve de Petit-Verdot. C’était aussi une petite cuve.

Ce cépage a un caractère très particulier qui lui fait aimer les conditions que les autres n’apprécient pas ; c’est aussi vrai pour les sols que pour les conditions climatiques.

C’est lui et c’est pour ça qu’on l’aime !


Donc, dans ce millésime très atypique, il convenait de ne pas bâcler sa vinification. C’est sûrement le cépage qui m’aura demandé le plus d’attention cette année. Petite cuve, certes mais maxi concentration et exigence maximale.

Les extractions ont été faites en délicatesse. C’est-à-dire qu’on était au-delà de la douceur. Il fallait, avec doigté faire évoluer les extractions avec un suivi très précis ; plusieurs fois par jour.
La couleur n’est jamais un problème avec le Petit-Verdot donc le vin a très vite été noir !

Le challenge était de donner du milieu de bouche plein tout en conservant une finale aux tanins harmonieux. L’acidité toujours présente dans ce cépage et plus importante que d’habitude consistait l’élément majeur de l’équilibre parfait à négocier.

En complément des extractions, j’ai aussi joué sur la température de macération.

J’ai baissé la température en donnant du temps au vin pour se faire avec cette harmonie que je souhaitais.

Enfin, après un peu plus d’un mois de macération sous marc, je pense avoir obtenu le résultat souhaité.

Le temps était donc venu d’écouler le vin nouveau et de décuver.

Comme la cuve était petite, c’est tout naturellement moi la personne proposée pour le poste de décuveur.

Jean-Michel n’aurait pu y entrer que très difficilement. Il était donc à la hotte pour convoyer la vendange jusqu’au pressoir.

J’ai donc pris la fourche et c’est avec un certain plaisir que j’ai manipulé une dernière fois ces raisins de l’année. Ils étaient beaux et parfaits en raisins frais, le marc était lui-aussi magnifique et m’a vraiment procuré de la fierté et de la joie du parent comblé.

Fin des écoulages

Puis ce fut le pressurage et le traditionnel nettoyage final du pressoir. Je suis persuadée d’être la seule à pouvoir faire ce travail avec perfection.


Enfin, on a remis la poignée pour diriger le pressoir dans ses mouvements et aidés par notre fille Laure, on a repoussé cette machine dans le garage jusqu’à l’année prochaine.

Il a ainsi rejoint le reste des machines de réception de vendange.

Il n’y a donc plus que du liquide dans le chai.

Une page se tourne mais rien n’est jamais terminé. La prochaine étape sera les fermentations malolactiques, puis les soutirages,…

Il ne faut pas oublier que dans la vigne, on a déjà tourné la page car c’est déjà le millésime 2014 qui est en préparation.

C’est la grande roue du temps qui tourne !!!

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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