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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 17:07

Les mouvements de contestation fleurissent à la faveur des reculades récentes du gouvernement.

Après les dindons, les bonnets rouges, tous les animaux de la basse-cour et toutes les couleurs de l’arc en ciel vont y passer. Celui qui choisit un symbole pour son action doit bien prendre garde qu’il ne soit pas déjà utilisé par ailleurs.

Je pense qu’il serait temps de créer mon propre mouvement contre les incohérences de la MSA, notre sécu agricole. C’est de très loin l’administration la moins efficace.

Un problème avec les douanes ou une erreur signalée par moi, même s’ils sont de mon fait, sont réparés sur l’heure.

Avec la MSA, rien de tout cela !

Leurs erreurs de leur part sont nombreuses, voire presque permanentes.

La dernière en date, c’est l’appel de cotisation pour mon salarié où le montant dépasse celui du salaire !

Quelques jours avant, c’était le cas d’un vendangeur, déclaré comme les autres en contrat vendanges et dont les documents de déclaration ont été considéré hors délais et reçus par la poste alors que faxés en temps et heures.... Bilan pour moi, à payer les cotisations plein tarif !

Et quand on signale une erreur, il faut d’abord payer quand même. Puis ensuite, on peut demander un « arbitrage amiable ».

Je me suis déjà humiliée à cette pratique dans le passé, ne voulant pas entrer en conflit direct avec ces gens.

Mais, là j’ai pris l’option d’appeler « le médiateur » nommé pour gérer les relations entre les agriculteurs et la MSA.

Il m’a été gentiment avoué qu’il est préférable de ne pas communiquer par courrier car son ouverture étant sous-traitée, il est fréquent que des lettres se perdent ! Et donc, en toute logique, au lieu de fiabiliser cette étape cruciale, on envoie une lettre menaçante au « contrevenant », dont la seule erreur est d’avoir envoyé une lettre perdue à la MSA, en lui rappelant ses devoirs et les sanctions qui pèsent sur lui en cas de manquement !


J’ai alors demandé à mon interlocuteur dans quel camp se situe cette administration. Est-elle là pour couler les entreprises agricoles ? Pourquoi ne peut-elle pas être considérée comme un partenaire, même si son rôle est de collecter des cotisations sociales ?

Les douanes surveillent mon activité et prélèvent mon argent mais c’est la loi et je l’accepte ainsi.
Mais les douanes représentent un maillon de mon activité et je sais que ce maillon n’est pas le point faible du système qui pourrait le mettre à terre.

Avec la MSA, c’est le contraire.
J’en arrive au point d’avoir envie de tout envoyer balader, d’arrêter et d’attendre la bouche ouverte comme le font de nombreuses personnes.

Et encore, mon activité marche bien et je n’ai pas de problème de trésorerie.
Mais que doivent penser ceux qui ont la tête tout juste hors de l’eau et dont le moindre incident leur fait boire la tasse ?

Je suis persuadée qu’eux-aussi finissent par rêver du Grand Soir !

Malheureusement un Grand Soir, on sait quand ça commence, mais on ne sait jamais comment et quand ça finit et surtout combien de drames humains cela va générer…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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