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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 09:44

Dans quelques jours, un vigneron va passer au tribunal pour avoir refusé d’employer des produits sur ses vignes alors qu’un arrêté l’obligeait à le faire. Plusieurs média s’en sont fait l’écho.

La peine et l’amende encourues sont à la mesure de l’état de délabrement de notre société. On peut voler et tuer sans avoir trop à en rendre compte. Mais refuser en conscience de faire un traitement qu’on estime injuste dans l’intérêt de la planète et de ses habitants peut renvoyer à la case prison et ruiner le contrevenant.

Sans repartir systématiquement dans la théorie du complot, on peut quand même y voir en filigrane, l’état d’esprit des gens qui décident les politiques sanitaires, aussi bien pour les humains que pour les plantes.

Je l’ai dit ici-même des milliers de fois, on ne se demande jamais pourquoi on en est arrivé là. Qu’est ce qui a pu mener à une telle situation ?

Je n’ai pas l’esprit de désobéissance de ce vigneron dont je salue la persévérance. Avait-il imaginé les implications que son action allaient engendrer ?


La question se pose. Jusqu’où devrons-nous supporter les contraintes qui nous sont imposées ?

Un Certiphyto pour être autorisé à traiter sa vigne, même si c’est en bio. On nous y apprend toutes les familles de pesticides (mutagènes, cancérigènes, perturbateurs endocriniens…), les meilleures conditions pour appliquer un désherbant (chimique), les différents logos avec tête de mort,… Tout ce qui nous a amené à devenir vigneron bio, on nous oblige à l’apprendre par cœur ! Pour rien, car ce n’est pas notre monde.

Il faut avoir un Certiphyto pour acheter la bouillie bordelaise. Mais on n’a plus le droit de se la fabriquer chez soi comme dans le passé. Certiphyto, incontournable…

L’achat d’ortie et autres plantes est lui-aussi sur la sellette. Trop de risque car pas testé comme les médicaments.

Il faut passer un contrôle technique pour un pulvérisateur sous peine de lourdes sanctions. Même s’il contient un peu de cuivre et des tisanes de plantes.

Cerise sur le gâteau, chaque fois, c’est quelques centaines d’euros de plus par personne ou par appareil.

Il faut s’excuser auprès de la MSA quand c’est elle qui se trompe ou qui perd le courrier.

Des comptes à rendre dans tous les sens, des traçabilités montantes et descendantes,…

Ce vigneron, symbole d’une lutte déséquilibrée, s’appelle Emmanuel Giboulot et il a toute mon estime.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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