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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 13:51

J’aurais pu intituler ce post « New-York suite » car après la dégustation dont j’ai parlé précédemment, il y avait un diner organisé dans un restaurant tendance de New-York pour les vins de deux vignerons dont Champ des Treilles.

Le deuxième vigneron était Andréa Calek, ardéchois mais tchèque d’origine ; vigneron « nature » et personnage atypique qui se confie difficilement.

Le restaurant s’appelle « Rouge Tomate » à deux pas de Central Park, dans un des endroits les plus chics de Manhattan. Grand honneur pour mon petit domaine !!

La sommelière, Pascaline Lepeltier est une française très en vue dans cette grande ville. Exilée outre-Atlantique depuis quelques années, je l’avais reçue à la maison alors qu’elle travaillait encore en France.

C’est une fille pleine d’énergie et qui, malgré sa réussite, possède la volonté de mettre en avant les vignerons qui vivent leur métier avec passion et sans concession. Et je pense que de ce côté-là, on est un exemple parfait.
En peu de temps, Pascaline s’est forgé une réputation impressionnante qui fait penser que le rêve américain existe toujours ; voire le rêve tout court car il existe aussi de tels succès dans notre petit pays.

La belle tomate dans la grosse pomme

Il y avait évidemment un Vin Passion 2012 ; qu’on ne présente plus mais qui se déguste toujours aussi bien à 6000 km de ses bases. Dans sa réserve, elle avait trouvé un Grand Vin blanc 2005, assemblage Sauvignon-Muscadelle et de l’époque où nous élevions une partie des blancs en barriques. Ce vin avait un parfum de nostalgie et n’en ayant plus chez moi, c’est avec plaisir que je l’ai redégusté. Les blancs étaient associés à de coquille Saint-Jacques crue ; un délice.

Les rouges Petit-Champ et Grand-Vin, tous deux en 2011 ont accompagné de la biche pour laquelle il suffisait de poser la lame du couteau sur la viande pour la couper.

Pour égayer la soirée, il nous avait demandé de porter un vin qui n’était pas présent dans la gamme de l’importateur.

La belle tomate dans la grosse pomme

Je n’ai aucun stock de reste dans aucun des millésimes, car très souvent les clients me prennent jusqu’à la dernière bouteille, même si la caisse est incomplète. Je ne sais pas dire non !


Aussi, il a fallu puiser dans notre cave personnelle avec une bouteille de la cuvée Les Sens 2002. Il s’agit du premier millésime de production de cette cuvée improbable et composée à part égales de Merlot et de Petit-Verdot. Nous avons souhaité en conserver quelques bouteilles pour connaitre leur évolution dans le temps. Il était parfait ; en toute modestie…


Enfin, et comme Pontet-Canet n’est jamais très loin, Pascaline avait sélectionné deux millésimes de ce domaine en l’honneur de Jean-Michel.

Avec 25 millésimes au compteur, il est devenu rare pour lui d’être face à un vin qu’il n’a pas produit.

Pourtant, le premier n’était pas un de ses « enfants » puisqu’il s’agissait d’un 1985. Vin d’un style ancien, un Bordeaux classique et parfait sur un repas et en particulier, comme ici sur un fromage.

Le deuxième, un 2004, avait une histoire particulière. C’est l’année où la biodynamie est entrée pour la première fois dans les vignes de Pontet-Canet et donc dans un Grand Cru Classé médocain. Moment important pour ce domaine, mais sûrement aussi début d’une nouvelle ère pour toute la région.

10 ans après, la biodynamie n’est plus un gros mot ni un sujet tabou à Bordeaux. Au contraire, ce n’est pas encore une généralité mais au moins une pratique qui devient une certaine normalité.


Remarquez que je ne me suis pas attardée sur les plats car mon gros problème aux Etats-Unis, c’est de comprendre la composition des assiettes au restaurant. Le reste du temps, je me débrouille suffisamment pour soutenir une conversation. Mais pour les ingrédients des plats ; c’est mission impossible !

Donc, je préfère en rester aux grandes lignes et cela suffira pour illustrer mon propos !

Chaque vin a été commenté par son « parent » ce qui a permis de lancer ou d’animer des conversations passionnantes. Les américains sont des gens attentionnés et gentils. Ces quelques heures ont donc été un pur plaisir et une magnifique vitrine pour nos vins.

Merci Pascaline et garde ta fraicheur et ta passion !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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