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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 17:36

Contrairement à ce que j’avais pu dire récemment, la temporisation avec l’herbe n’a été que de courte durée. Il était vraiment temps de prendre les choses en grand pour ne pas se retrouver dans quelques jours avec une prairie contenant quelques ceps de vigne visible dans l’herbe, à la place d’une vigne un peu enherbée.

C’est donc en équipe que Jean-Michel et moi avons lancé la campagne de travail du sol à la maison.

Comme tous les ans, j’ai pris en charge le premier passage avec mon petit tracteur à chenille récemment réparé et qui fonctionne maintenant à merveille.

Quelques pannes inévitables. Heureusement, j’ai épousé un Mac-Gyver qui trouve toujours la solution pour réparer et permettre de repartir.

Pour celles qui paient cher les masques d’argile sur le visage, on peut trouver l’équivalent, bio de surcroit, avec une petite séance de travail du sol, sans cabine dans mes vignes.

J’ai interdit à Jean-Michel de prendre des photos en fin de journée…

A la sortie, les cheveux ont changé de couleur et la peau a pris une teinte halée du meilleur goût. Bon, par contre à la douche, l’eau coule marron et le corps retrouve sa couleur d’origine.

Pâques au tracteur

Jean-Michel a lancé quant à lui la décavaillonneuse. Sa chère décavaillonneuse Egretier, qu’il admire tant ; j’en ai souvent parlé ici-même. Il peut en vanter les qualités pendant des heures !

Cette année, il a amélioré son fonctionnement avec des modifications du châssis pour tenir compte plus efficacement des variations dans la hauteur du sol. Simple et efficace !

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le décavaillonnage c’est aller chercher la terre sous le rang avec une charrue équipée d’un tâteur, une sorte de palpeur et qui va faire rétracter la charrue lorsqu’il entrera en contact avec un cep de vigne. C’est une opération longue et délicate qui a précipité la quasi-disparition du travail mécanique du sol.

L’autre innovation de l’année, c’est que j’ai moi-aussi goûté à cette opération difficile mais que j’aime voir réalisée chez moi. Nous sommes le dernier vignoble de la région à retourner ainsi la terre. La très grande majorité des gens désherbe chimiquement sous le rang. Ceux qui labourent néanmoins, ont en général des approches « industrielles » du travail du sol avec des lames interceps qui « coupent le sol »en le remettant à la même place ou des outils rotatifs qui sont la pire des solutions agronomiques.

Plus que tout, il n’y a plus le geste symbolique du soc de la charrue qui retourne la terre dans un mouvement généreux.

Pâques au tracteur
Pâques au tracteur
Pâques au tracteur

J’ai donc fait mes débuts dans le décavaillonnage et je dois dire que j’ai bien aimé ; au point de ne pas laisser ma place.

Décavaillonner, c’est comme tailler, c’est toujours une nouvelle situation qui se présente.

On ne s’ennuie jamais. Les journées peuvent passer sans qu’on s’en rende vraiment compte. Une fois un rang terminé, on a hâte d’entamer un nouveau rang et ainsi de suite.

Il faut anticiper ce qui peut arriver quand on voit un cep un peu frêle ou un autre un peu tordu. La moindre erreur, c’est l’arrachement assuré.

En ce week-end, les familles partageaient l’agneau Pascal. Jean-Michel et moi étions dans nos vignes dans un moment de partage avec elles car elles sont une partie de nous, de notre vie et de notre raison d’être.

Le vrai bonheur sous le soleil du printemps !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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