Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 10:40

Après l’affaire Giboulot, je voulais quand même revenir sur un point qui me semble important et qui ressort régulièrement : on ne peut pas être à la fois tout et son contraire.

Il m’est arrivé fréquemment d’entendre parler de « presque bio », parce que les gens utilisent « très peu de pesticides ». On rencontre même le terme « biodynamie raisonnée » qui consiste à utiliser quelques préparâts biodynamiques tout en continuant d’appliquer aussi des pesticides au même endroit !

Eh bien non, on ne peut pas aller picorer çà et là ce qui nous arrange, au moins pour le discours et rester en phase avec chacune des voies.

On ne peut pas tout à la fois être avec ceux qui veulent pendre les patrons et souhaiter une économie de marché.

Pour le bio et les pesticides, c’est pareil !

La biodynamie, c’est de mettre le végétal au centre de nos préoccupations et de s’intéresser à son bien-être subtil.

Le conventionnel, c’est accepter d’utiliser des produits issus de la chimie. Ces substances vont tenter de tuer un organisme, décrété par nous comme étant pathogène. Pire encore, elles vont agresser le végétal et même en général pénétrer dans la sève et se disperser dans toute la plante, jusqu’à la moindre cellule. Un poison à petit feu qui va, traitement après traitement, année après année, affaiblir la plante jusqu’au moment où elle va finir par mourir.

Que dire aussi des champignons vivant en symbiose avec les racines de la plante et si utiles à son alimentation ? Eux-aussi auront droit à ces sirops de mort.

Que dire aussi de la flore et de la faune, macro et micro qui vivent dans la parcelle ? Ils vont mourir, plus ou moins vite et cela participera à détruire tous les cycles de vie qui permettent à un sol de vivre.

Le désherbant ? Il n’est jamais une bonne solution pour les sols ni pour les plantes qui y sont cultivées.

C’est certes plus pratique et plus économique, particulièrement pour entretenir sous les rangs de vigne.

Mais en aucun cas, le désherbage chimique peut être intégré dans un raisonnement de respect de l’environnement. Même en réduisant la largeur traitée au minimum, cela reste nuisible.

Remarquez que dans mon propos, je n’ai pas parlé des gens, agriculteurs, voisins ou consommateurs qui d’une façon ou d’une autre, consciemment ou inconsciemment, d’accord ou pas, vont être mis en contact avec des substances à tête de mort sur l’emballage.

Cela étant, dans la vie, il y a des moments où il faut se déterminer. Soit on est bio, soit on ne l’est pas. Mais il n’y a pas d’intermédiaire.

Pour la biodynamie, c’est la même chose mais à la puissance 10 !

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Achat vin 18/04/2014 18:08

Bon courage et hâte de lire votre prochain post

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche