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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 11:05

Après de longs mois d’attente, des pages et des pages d’articles écrits, de reportages télé diffusés,(…) le verdict vient enfin de tomber dans « l’affaire Giboulot » ; ce vigneron qui a refusé les règles.

500 € d’amende et il semblerait, un appel en vue de la part du « contrevenant ».

Tout ça pour ça pourrait-on dire. Dans ces cas-là, on serait tenté de payer l’amende pour être débarrassé et tourner la page. On peut aussi estimer qu’il y a une question de principe et qu’on doit aller jusqu’au bout pour faire reconnaitre ses droits. Chacun choisit en fonction de sa sensibilité et de son degré d’implication.

Au moins, cette sombre histoire aura permis de mettre un coup de projecteur national sur les difficultés que peuvent rencontrer les vignerons bio face à des règlementations souvent conçues par des gens qui détestent le bio.

Dialogue impossible entre ceux dont je fais partie, qui estiment que tout produit chimique est un danger et les tenants de l’utilisation de ces substances.

Le conventionnel « ultra-raisonné » intègre l’idée d’utiliser des produits de synthèse en pensant que peu de passages implique peu ou pas de pollution.

Tout serait donc une question de curseur à positionner entre le bien et le mal.

La catégorie de gens à laquelle j’appartiens maintenant depuis plus d’une décennie considère au contraire que dès que le curseur s’est déplacé un peu, simplement avec l’utilisation d’un seul pesticide, la ligne rouge est franchie. La seule voie étant l’absence totale et définitive de ses produits.

Certes, tout ce que nous faisons n’est pas parfait. Le débat sur le cuivre perdure car c’est le seul argument des opposants au bio. Il doit être dépassé car les doses que nous utilisons n’ont rien à voir avec ce qui était la norme il y a encore peu d’années. Cette tendance va continuer avec un jour prochain, la quasi suppression de ce métal de nos traitements.

Il faut ajouter qu’en un ou deux passages annuels en fin de saison, les conventionnels en pulvérisent autant que nous dans une saison. Par contre, ils ont répandu au préalable 20 molécules de synthèse, cancérigènes, mutagènes, perturbateurs endocriniens,… J’en passe et des meilleures.

Dans le cas d’Emmanuel Giboulot, il s’agissait d’un produit d’origine naturelle et homologué en bio qui fait toujours débat car même naturel, son utilisation est loin d’être neutre pour la faune.

Là aussi, le cas de ce vigneron a montré le précipice qui existe entre la démarche officielle à courte vue, définie par les « scientifiques » et celle des gens qui veulent voir un peu plus loin.

Il y a une maladie, on va chercher à la détruire. La belle affaire !

D’une part on n’y arrive jamais et en plus on ne se pose jamais la fameuse et fondamentale question du « pourquoi on en est arrivé là ».

Cela me parait la première des réactions à avoir pour élaborer une marche à suivre. Pourtant, les têtes pensantes qui conseillent les décideurs n’ont absolument pas ce type de comportement ou de principe de fonctionnement.

D’un autre côté, la plupart cherche sans trouver et toute leur carrière de chercheur est ainsi faite.

Deux mondes que tout oppose…

Une fois de plus, Emmanuel Giboulot a toute mon estime !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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