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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 09:11

En souhaitant écrire ce post, un titre m’est venu naturellement : « que ma vigne est belle ».

Malheureusement, je l’avais déjà été utilisé il y a pratiquement deux ans jour pour jour comme un clin d’œil à qui vous savez.

De ce fait, je dois donner une autre interprétation de mon état d’esprit lorsque je regarde ma vigne en ce moment ; d’où ce titre sans ambiguïté.

Après des années passées dans ce métier de vigneronne qui s’est imposé à moi, j’en suis arrivée à la conclusion qu’il existe une perfection viticole c’est-à-dire un état des ceps de vigne qui va provoquer un instant d’émotion chez celui qui le regarde. Encore faut-il que cette personne possède un peu de sensibilité, ce qui est assez rare chez les vignerons, souvent plus impressionnés par la puissance d’un tracteur ou la coupe au carré d’une vigne que par la beauté sensible d’un pied de vigne !

Dans ce monde de viticulture aseptisée, voire tout simplement industrielle, il peut paraitre difficile voire même anachronique de parler d’émotion à la vue d’un pied de vigne.

Pourtant, c’est bien le sentiment qui m’anime. Seule la vigne qui atteint ce stade peut ensuite produire les vins, trop rares, qui vont toucher le dégustateur au plus profond de son âme.

Si le blé nourrit le corps, le vin est destiné à nourrir l’âme. Il faut donc produire le vin dans des vignes chargées d’émotion ; sinon, ce vin ne deviendra qu’une simple boisson.

Une vigne forte mais dans une certaine retenue, une vigne qui s’étire vers le ciel tout en étant solidement ancrée dans la terre, une vigne qui va lier la subtilité infinie du sous-sol à l’immensité du ciel qu’elle cherche à atteindre et enfin une vigne qui vit autour de ses raisins et surtout pour eux.

Voilà cette vigne qui bat dans mon cœur et qui m’amène de petites larmes au coin des yeux quand je la regarde…

Toujours belle à pleurer

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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