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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 08:09

Cela faisait plusieurs semaines que je n’ai pas donné de nouvelles. C’était l’été…

Comme l’été dernier et celui d’avant, nous avons passé quelques jours en Californie, à Napa, haut lieu de la viticulture US, et même mondiale.

Nous aimons beaucoup cet endroit attachant et ensoleillé. Notre fille Laure, qui a passé là-bas 8 mois l’an dernier, nous accompagnait. Elle y est un peu chez elle maintenant et y fera sûrement sa vie.

Evidemment, notre temps a surtout été consacré à des visites de vignobles et de wineries. Désolé, on ne se refait pas…

Le voyage aurait pu se terminer sur des impressions douces et nostalgiques. Mais voilà, le sort en a décidé autrement.

Lors de notre dernière nuit sur place, nous avions peine à trouver le sommeil à l’idée de quitter cette ambiance sereine pour retrouver le quotidien bordelais, ces tracas et surtout ses vendanges !

Vers 3 h du matin, nous avons été violemment tirés de nos rêves par des secousses. Que dire quand on ne s’y attend pas ? Le temps de réaliser qu’il s’agissait d’un tremblement de terre, c’était presque fini Dans ces cas-là, on hurle sans retenue. Tout bouge. Le lit remue comme s’il était dans le tambour d’une machine à laver géante, les cadres au mur tombent et leurs vitres se brisent en arrivant au sol. Les étagères se vident et répartissent sur le parquet tout ce qu’elles contenaient. Le bruit est assourdissant mais tout va aussi très vite. 6,1 sur l’échelle de Richter. Difficile malgré tout d’avoir des référence car pour nous, c’est une première.

Puis, le calme revient et la parenthèse se referme. La tranquillité de la nuit reprend ses droits ; comme s’il ne s’était rien passé.

On reste hagard ne sachant que penser.

J’avais eu le même sentiment en 2010 après la grêle dévastatrice. Le calme était revenu après les furies de la nature. La vie était comme avant, enfin presque car ma récolte était partie sur les coups de buttoir des grêlons.

Un Parkinson géant

Le tremblement de terre a laissé place à un calme surprenant sur la ville de Napa. L’électricité et internet n’ont même pas été coupés. Seule l’eau a fait défaut.

On ne sait pas si on doit entendre des répliques, si on doit repartir se coucher ou même si on commence le nettoyage, histoire d’évacuer le stress.

Puis, on attend d’hypothétiques répliques en repensant aux reportages qu’on a entendu sur le sujet mais d’une oreille distraite cas désintéressée à l’époque. Donc, on ne sait pas trop.

La plus forte réplique est intervenue vers 5 heures alors qu’on tente de retrouver un peu le sommeil avec les sirènes de pompier en tâche de fond ; car entre-temps, les pompiers ont commencé leurs interventions, nombreuses finalement.

Au petit matin, point de grasse matinée. Tout le monde est sur le pont à la pointe du jour.

On prend le balai et la pelle et on remplit des sacs poubelles de verre et autres objets cassés. On va aider les voisins ; bien plus affectés que nous.

Quoi qu’il arrive, les américains ont toujours le moral. C’est bien !

Les infrastructures et les bâtiments semblent avoir peu souffert. Plus tard, on apprendra que les empilements de barriques et les cuves ont subi des dommages. C’est malgré tout un peu logique…

Evidemment, les rayons de supermarché ne sont qu’un fatras impénétrable.

Quelques heures plus tard, nous quittons ce pays en réalisant que rien n’est jamais totalement idyllique. Ils ont le soleil durant toute la saison mais vivent avec le risque toujours présent du « big one » qui dévastera tout. Nous n’avons pas cela mais souvent la pluie et même la grêle s’invitent durant la saison culturale ou pendant les vendanges.

Une expérience forte et des souvenirs à raconter au retour…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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