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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 12:13

C’est fait, une année de plus, toutes les parcelles de Merlot sont vendangées.

Cela pourrait sonner comme une fin de vendange mais ce n’est qu’une illusion car il reste encore les Cabernets et le Petit-Verdot pour lesquels les raisins sont encore sur pied.

Mais quand même, le Merlot étant chez nous le cépage majoritaire et le cœur de nos assemblages, on peut considérer qu’une partie significative du travail est fait quand ses raisins sont dans les cuves.

Que dire sinon que la satisfaction est de mise ?

Je vous referai pas le coup de l’année du siècle, ce n’est ni mon état d’esprit, ni mon monde ; ni la vérité, il me semble…

On a de façon sûre un beau millésime en perspective. Le temps de septembre nous a aidés et il y a encore un mois, rares étaient les vignerons confiants.

La nature a décidé une fois de plus et c’est sûrement une bonne chose pour conserver l’humilité requise.


Malgré tout, les choses ne se sont pas présentées dans la plus grande des sérénités.

L’équipe fut vaillante et joyeuse. J’espère qu’elle le restera pour la suite…

Dans la semaine, alors que nous étions à trier une remorque de cagettes dans une atmosphère lourde, un orage soudain et violent a amené des trombes d’eau en quelques minutes. La réception de vendange étant surtout dehors, il a fallu s’abriter et prier le ciel que l’eau ne soit pas remplacée par de la grêle. Puis le verdict du pluviomètre est tombé : 18 mm en grosses gouttes !

Le plus surprenant à postériori, c’est que cette pluie était totalement localisée. A 500 m à vol d’oiseau, un autre pluviomètre ne contenait que 3 mm.

Nos parcelles de Cabernet semblent elles-aussi avoir été relativement épargnées par l’orage.

Dans la confusion du moment, j’ai aussi oublié de placer dans une cuve vide la grille destinée à filtrer les baies foulées, pour n’avoir que du jus qui sort lors des remontages.

Erreur !

Evidemment, je m’en suis rendue compte lors du premier remontage, justement quand la cuve a été pleine !...

C’était le soir, j’étais fatiguée par une journée longue et intense de travail et j’ai pleuré.

Dans ces cas-là, il y a deux possibilités, soit on endure et on a un seau de graines à remettre dans la cuve à chaque remontage pendant la durée de la fermentation, soit un vide la cuve dans une autre et le problème est réglé.

Demande de conseil à Jean-Michel qui m’a suggéré de vider la cuve dans sa voisine ; avec l’argument qu’il vaut mieux s’embêter une bonne fois que de s’embêter un peu tous les jours pendant longtemps.

Effectivement, il avait raison. Heureusement, la cuve était petite.

Donc, le lendemain, c’est avec des seaux et de l’huile de coude (et surtout des douleurs dans les coudes) qu’on a réparé mes bêtises. Enfin, un grand nettoyage pour gommer l’ambiance de guerre nucléaire qui peut régner après de tels évènements.

Maintenant, cette péripétie n’est plus qu’un mauvais souvenir dans une ambiance au beau fixe.

Les premières cuves de merlot commencent à vraiment bien se goûter. Les couleurs sont intenses et les vins sont pleins.

Tout cela donne du baume au cœur et surtout donne envie de vivre la suite.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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