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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 18:48

Avec l’hiver, c’est une période propice pour la sédimentation des lies et autres dépôts dans les cuves.

Je vis cette saison avec difficulté car le froid est attaché à mon corps. Peut-être cela vient-il du fait que je n’ai pas de graisse pour me protéger ?

Pourtant, c’est toujours avec bonheur que je vois ce même froid entrer dans mon chai. Quand c’est possible, j’ouvre même les portes pour lui faciliter la tâche.

J’ai l’impression sincère de faire du bien au vin. Il a besoin du froid pour son élevage et chaque saison qui passe l’éloigne un peu plus de l’enfance pour l’amener vers l’âge adulte.

Nous en avons donc profité pour soutirer tous les lots.

Evidemment, dans ces conditions tous les mouvements des mains deviennent un peu moins sûrs. Les doigts sont engourdis par le froid et les raccords des tuyaux ne font qu’amplifier les choses.

Dans le chai, je ne sais pas travailler avec les gants donc le froid, on l’a en prise directe !

Et lorsque la pompe travaille, il y a peu de choses à faire donc il faut souvent attendre sans bouger et donc avoir encore plus froid !

Heureusement, j’ai toujours un peu de nettoyage à faire ce qui me permet de rester active pour me réchauffer.

L’idée de faire du bien au vin me donne la motivation pour supporter ces températures dans lesquelles je ne suis pas à mon aise.

Beaucoup de gens de l’extérieur voient le travail du chai avec poésie. Mais les périodes « poétiques » sont peu nombreuses. Je crois que c’est pareil partout. Quand on voit un virtuose du violon exercer son art, on est sous le charme. Par contre, on ne voit pas les années de travail acharné, l’entrainement incessant, la douleur dans les doigts.

Sans compter que le chai, c’est plus de la moitié du temps avec un tuyau d’eau à la main pour laver les cuves.

Quand il fait froid, effectivement c’est encore plus compliqué avec les habits de pluie dans les cuves et l’eau glacée qui coule sur le visage, refroidissant encore un peu plus le corps.

Heureusement, le bien-être du vin est plus important que tout. On supporte donc les doigts engourdis et les joues fraiches en sachant que le vin nous remerciera de toutes les attentions qu’on lui témoigne !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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