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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 08:04

Lorsqu'on apprend une nouvelle technique, il est d'usage de commencer par des cas d'école, c'est-à-dire des choses simples. Par la suite, on se confronte à des situations plus complexes.
C'est un peu ce qui nous arrive avec la biodynamie.
On a appris à faire les traitements biodynamiques en jour "fruit". C'est assez pratique car, en général, il ne pleut pas en jour "fruit".
Ainsi, depuis quelques jours, nous avions planifié notre traitement "bouse de corne" (=500) de débourrement pour le week-end dernier ; les deux jours étant en jour fruit.

Cependant, les pluies des jours précédents ne nous ont laissé que peu de chance de pouvoir passer dans les parcelles ; de façon sure le samedi les sols étaient encore trop humides.
Puis, le dimanche, sans se désespérer, Jean-Michel est allé faire un tour des vignes pour apprécier la situation. Il est revenu relativement optimiste car mis à part quelques flaques d'eau, il était possible de passer.

 

Les vignes à 1 mètre ont ainsi pu être traitées, même si la pluie est arrivée dans les derniers passages.
Par contre, les autres vignes n'ont pas pu bénéficier de ce traitement. Le tracteur prêt à partir est resté dans le garage.
C'était sûrement le dernier jour fruit "utilisable" avant le débourrement. Les prochains seront-ils secs ou ressembleront-ils à celui-là ? C'est évidement un mystère.

Au-delà de cette question, d'autres plus fondamentales me viennent à l'esprit.

Faut-il systématiquement respecter les jours "fruit" au risque de ne pas pouvoir passer ce jour là? Doit-on privilégier les conditions de portance des sols plutôt que les jours "académiquement" favorables?
Jusqu'à quel niveau d'humidité des sols peut-on décider d'effectuer ces traitements biodynamiques, donc "non-indispensables" à la survie de la plante ou de la récolte? Ainsi, un passage en conditions trop humides n'est-il pas plus préjudiciable (par les ornières et le tassement générés) que l'effet positif espéré du traitement lui-même (meilleure expression du terroir) ?

 Toutes ces questions, on se les pose tout le temps. Heureusement, il n'existe pas de vérité absolue. L'essentiel n'est-il pas tout simplement de justement ne pas avoir de certitude?

 Au moins, de son traitement partiel du vignoble, Jean-Michel a ramené quelques clichés qui feront de vous un chauffeur d'enjambeur en action.

Il y a d'abord la vision de l'avant depuis la poste de conduite.


Puis, la surveillance des jets à l'arrière avec les indispensables rétroviseurs.

Enfin quelques semaines avant de début des labours, la position haute permet de détecter les plus gros cailloux, remontés l'an dernier et qui ne manqueront pas de faire parler d'eux lors du passage de la décavailloneuse...

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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