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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 07:33

Il y a quelques jours alors que Jean-Michel et moi étions occupés à préparer une commande de bouteilles, mon regard s'est posé sur un objet présent dans le bâtiment de stockage de bouteilles mais que nous ne remarquons plus depuis plusieurs années.

Pourtant, il nous a accompagnés durant quelques temps...

Il s'agit d'une étiqueteuse à bouteilles, autocollante, en bois et entièrement manuelle!

 

Pendant les premières années de notre installation, nos moyens financiers étaient si faibles qu'il était impossible de nous équiper de matériel pour travailler confortablement et efficacement.

Le domaine n'avait jamais produit de vin en bouteilles avant nous. Les premières mises ont été faites en "4 opé" par un prestataire, c'est-à-dire jusqu'à l'habillage, la mise en caisses et la palettisation. Ainsi, on pouvait présenter des bouteilles parfaitement préparées.

Mais, par souci d'économie, certains lots ont été mis en bouteilles en "tiré-bouché" et stockés dans des casiers prêtés par un ami.

L'habillage devait être fait par nos soins. C'est là que l'étiqueteuse manuelle est entrée en action…

Mais avant cela, il fallait accéder aux bouteilles stockées difficilement dans un endroit inapproprié. La première chose à faire était d'enrouler partiellement la bâche plastique qui protégeait notre précieuse récolte des gouttières, d'une toiture plus que centenaire et jamais vraiment réparée.

Puis avec une échelle, Thomas et Laure, alors jeunes enfants, montaient dans les casiers pour remplir des seaux avec 6 à 8 bouteilles. Il y avait souvent des disputes entre eux pour savoir qui devait aller dans le casier. C'était une place très prisée…

A mi-hauteur sur l'échelle, Jean-Michel faisait le transfert des seaux que je récupérais au sol avant de les vider à proximité de l'étiqueteuse.

Il nous est arrivé de vider en une fois, un casier de 600 bouteilles de cette façon!

Puis, les bouteilles couvertes de poussière devaient être lavées. La capsuleuse était elle aussi prêtée.

Enfin, l'opération d'étiquetage nécessitait un certain doigté de la part de Jean-Michel car il fallait tourner la manivelle à vitesse constante puis arrêter à un moment bien précis pour ne pas coller une deuxième étiquette sur la même bouteille.

Parfois, lorsque les conditions étaient humides, les étiquettes se décollaient aussitôt. Une compression avec la paume de la main pendant quelques secondes était nécessaire pour les fixer aux bouteilles.
Une fois les palettes préparées et filmées, il n'y avait pas de surface lisse et bétonnée pour les déplacer.

Le chariot élévateur n'existait que dans nos rêves et c'est le tracteur qui était mis à contribution.
C'est comme cela que nous avons commencé.

Il reste des souvenirs mais pas d'amertume car l'amour de notre métier et la foi dans le projet ont permis de déplacer des montagnes.

Depuis, les choses se sont améliorées. Des bâtiments ont été construits en 2003. Un transpalette neuf et un gerbeur électrique se déplacent à volonté sur une surface aussi lisse qu'un billard et peuvent même aller à l'extérieur dans la cour bétonnée pour charger les camions.

L'étiqueteuse en inox est gérée par un automate pour capsuler étiqueter et contre-étiqueter.
Il n'y a pas de gouttières à redouter pour les cartons.

Bref, rien de bien spectaculaire mais tellement satisfaisant pour nous.En ayant connu des moments difficiles, on peut savourer les améliorations.

L'étiqueteuse en bois restera gravée dans nos mémoires sans rancœur pour les moments difficiles mais sans nostalgie non plus.



Elle représente tout simplement un moment de notre histoire.

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commentaires

Jean 15/03/2010 13:48


Bonjour à tous.
Je trouve cette étiqueteuse tout à fait idéale pour des petites séries. Je suis producteur de vin et j'ai été séduit !
Quelqu'un aurait-il le contact du fabriquant ?
Merci. Jean


Alain Madec 03/08/2008 17:18

J'ai une petite société de transformation d'algues en Bretagne ( fabrication de biostimulant entre autre). Et j'ai été intérresé par votre étiqueteuse en bois, pouvez-vous me communiquer les références et où m'en procurer?
Merci d'avance,
Bien cordialement.

Alain madec

LaurentVinature 11/04/2008 12:21

Bonjour Corinne, je ne sais pas si tu t'en souviens, mais j'étais passé vous rendre visite l'année passée à la même époque; très content de la naissance de ce blog, je le suivrai attentivement et je cours de ce pas le mettre en lien sur le mien (n'hésite pas à faire de même;-)

Mes amitiés à Jean-Michel et à très bientôt (je ferai certainement un petit saut à Olne)

Laurent

Iris 11/04/2008 10:00

Le progrès à Lisson n'est pas encore arrivé si loin (les locaux - dont une cave voutée avec une entrée, qui laisse juste passer une barrique de 225l ne vont jamais le permettre...) - mais je me souviens de cette petite machine en bois, que nous avons vu il y a des années sur un salon de matériel pour vignerons!

Comme nous n'utilisons pas d'étiquettes autocollantes, elle était encore trop "sophistiquée" pour nous - je continue de coller les étiquettes une par une au lait, au pinceau et à la main:-)

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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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