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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 07:30

Un rapide tour de vignes vient de montrer des dégâts de gel. Il n'aura fallu que quelques heures d'une seule nuit pour mettre à mal une partie de la récolte et de nos espoirs. Certains s'en sortiront sans encombre, d'autres comme nous sont partiellement atteints. Les reportages à la télé semblent montrer qu'il y a bien pire que nous car des arboriculteurs ont tout perdu ou presque. Beaucoup avaient déjà des situations financières précaires ; ce gel ne va pas les arranger.

 

Nos souches au ras du sol ne constituent pas les meilleures assurances contre le gel. Mais c'est là que le vin est le meilleur.

La présence d'herbe sur le sol est aussi un facteur favorisant le gel. Nos vignes n'ont pas d'herbe semée mais seulement le couvert végétal normal et naturel de fin d'hiver, quelques semaines avant les labours. L'alternative à cette présence végétale aurait été le désherbage chimique, mais c'est évidement une solution incompatible avec notre philosophie.

Les conditions pluvieuses n'ont pas permis de pouvoir entrer dans les parcelles pour les labourer. On pensait aussi épandre du soufre (poudrage ou pulvérisation) qui par la feu intérieur qu'il contient peut constituer une petite aide. Mais il pleuvait en permanence. Quand on sait que des parcelles sont sur le lieu-dit "terre grasse", on comprend bien que c'est collant quand il pleut...

 

C'est un coup dur que l'on reçoit dans le ventre et qui fait baisser notre motivation...avant de faire baisser notre porte-monnaie dans un an ou deux.

 

Pourtant, la vigne est là et a encore besoin de nous, peut-être plus qu'avant.

Les projets et les prévisions prennent une saveur amère.

 

Nous avons cependant pris nos outils pour aller complanter les parcelles, c'est-à-dire mettre en terre de jeunes plants pour remplacer les morts de l'année.

Dans une météo passant du franc soleil à une ambiance d'apocalypse, raidis dans nos imperméables, l'estomac noué, nous avons travaillé pour assurer l'avenir de notre domaine alors que la récolte prochaine est hypothéquée.

 

C'était une situation surréaliste et pathétique.

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commentaires

Franck 14/04/2008 23:36

Corinne, il faut garder espoir, et soutenir votre vigne de tout votre amour. Cela l'aidera à panser ses plaies. La nature est capable de bien des miracles et les contre-bourgeons pourraient révéler de bien bonnes surprises. Que la foix soit avec vous! ;-)
Sincèrement. Franck

Eric 14/04/2008 13:14

Rassurez-moi. Il va y avoir les contre-bourgeons qui vont pousser, non?

Corinne Comme 14/04/2008 17:29


Les contre-bourgeons, c'est un peu comme la croissance, on l'attend mais elle n'arrive pas forcément...
En fait, les contre-bourgeons vont bien se développer mais on n'est pas sûr qu'ils portent des grappes.
Il faut attendre...


Iris 14/04/2008 11:38

Je comprends le soucie, ayant vu des réscoltes anéanties pour cause d'orage de grêle (2004) ou, juste avant le but, pour cause de sangliers (2006), mais la nature a aussi encore des ressources, donc courage pour la suite.

salutations amicales et vigneronnes

Iris

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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