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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 07:22

Dans mon billet précédent, je vous parlais de la complantation.

 J'ai ramené quelques clichés pour ceux qui n'ont jamais vu comment faire.

 Les ceps morts dans l'année sont coupés et brulés. Puis à l'automne, nous réalisons un trou à l'aide d'une tarière attelée au tracteur. Le but est double. Il s'agit avant tout d'ameublir la terre pour favoriser la pousse du futur plant de vigne. On en profite aussi pour enlever le plus possible des racines de la souche morte, qui pourraient être des refuges à champignons ou autres organismes agresseurs de la vigne. A cette époque, mes journées sont déjà particulièrement remplies car les vinifications battent leur plein. Il me faut donc l'aide de mon beau-père qui ne consent à venir que lorsque les palombes ne passent pas.

Pour faire un petit aparté, cette chasse est une véritable tradition locale. Chez nous, les palombières sont de véritables maisons dans les arbres et au sol. Les installations les plus sophistiquées bénéficient d'ascenseurs et de tout le confort moderne ou presque. Je présume qu'il y a même une sorte d'émulation entre les "paloumayres" (à prononcer en articulant bien pour retrouver l'accent patois local...) qui rivalisent d'ingéniosité et d'audace pour améliorer leurs jouets. La constante d'une palombière à l'autre et sûrement la quantité impressionnante d'entrecôtes englouties et de bouteilles vidées...
Par contre, les trophées de chasse sont présents uniquement dans l'esprit échauffé des chasseurs lorsqu'ils parlent avec passion des différents vols qu'ils ont posés ou pas. Ainsi, j'attends encore de voir mon beau-père revenir avec une palombe.
A la saison, si les cuves me laissent un peu de répit, j'essayerai de faire quelques photos.

 Pour en revenir à la complantation, la terre préparée se tasse dans l'hiver sous l'action de la pluie.

 Au printemps, il suffit de placer le petit piquet, appelé marquant. Il doit être aligné dans les deux sens ; dans le sens du rang pour ne pas augmenter les risques d'accrocher le plant avec les charrues et dans le sens transversal afin que chaque cep adulte bénéficie de la même longueur de palissage.

 

Puis on effectue la plantation avec un outil approprié.

 

Enfin, l'opération finale consiste à attacher le plant au marquant pour le rendre plus solide lors du passage des charrues.

Il est possible d'utiliser des liens synthétiques qui ont l'avantage de résister longtemps, parfois plus longtemps que la souche elle-même... Ensuite, ils resteront dans le sol pendant quelques décennies ou même quelques siècles comme de véritables héritages pour les générations futures!!!
 

Vous l'avez compris, nous utilisons du raphia naturel qui disparaitra en une saison et qu'il faudra remplacer plusieurs fois le temps que le jeune pied devienne assez fort pour se battre seul contre les charrues. C'est plus long mais bien plus satisfaisant! 

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commentaires

Iris 15/04/2008 13:31

Merci pour ce reportage photo très parlant.

Vu l'état des sols, on se rend compte, que vous travaillez vraiment sur d'autres terroirs et sous un autre climat que nous dans nos vignes accrochées en flanc de coteaux arides dans le Sud:-)

Cela fait longtemps que j'ai rangé mes bottes au placard, mais là, on dirait, qu'ils sont vraiment de rigueur dans la boue... pour la fatigue, cela doit remplacer nos exercices dans les pentes et sur les cailloux!

Bonne continuation - je vous souhaite un bon vent et un peu de soleil.

Corinne Comme 15/04/2008 13:58


c'est très gentil Iris et vraiment le soleil serait le bienvenu. Le problème est que depuis ce printemps, il ne s'installe que pour quelques heures et pour laisser ensuite place à la pluie ou la
grêle (les photos ont été prise après une douche de grésil). J'espère avoir un jour le plaisir de vous faire découvrir notre vignoble ou pourquoi pas vous rendre visite dans votre jolie région?
à bientôt

corinne


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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