
CHATEAU DU CHAMP DES TREILLES
En bonne épouse, j'ai entrepris de lire les quelques interventions de Jean-Michel sur les forums sur La Passion du Vin ou Buveurs d'Etiquettes.
Je ne suis pas une lectrice régulière de ces forums mais je note quand même une certaine agressivité au sujet de la biodynamie.
J'en suis touchée mais aussi surprise.
Je me pose des questions.
Pourquoi devrait-on avoir peur de parler de ce que l'on fait? Pourquoi devons-nous en permanence nous justifier sur le fait d'essayer de comprendre la nature pour mieux la respecter ?
Demandera-t-on un jour des comptes à ceux qui ont utilisé 25 ou 30 produits chimiques différents l'an dernier? Non, sûrement pas.
La viticulture que nous pratiquons devrait être une viticulture d'échange et de respect, porteuse des valeurs généreuses qui sont associées au vin depuis l'antiquité. C'est en fait une viticulture de la justification permanente face à des gens que la biodynamie passionne en la détestant au point qu'ils semblent en faire une fixation.
Bien-sûr, dans la biodynamie, il y a les « décalés » qui font la route seuls loin devant, tellement loin qu’ils semblent s’être perdus. Mais l’essentiel des autres est constitué de vignerons humbles, qui tentent de conserver ce lien ancestral avec la terre en perpétuant le bon-sens paysan.
En début de mois, lors de la dégustation primeur Biodyvin, j'ai assisté à des propos véhéments contre la biodynamie par quelqu'un qui était certes
invité, mais qui n'avait aucune obligation d'aller à une dégustation de vin de biodynamie alors qu'il semblait avoir un avis négatif très tranché sur la question.
Pourquoi une personne a-t-elle jugé utile l'an dernier de lacérer 2 pneus de notre véhicule et de verser de l'acide sur la carrosserie devant la maison au Champ des Treilles ?
Pour se venger de quoi? Du fait que l'on tente de faire le meilleur vin possible dans un secteur difficile en sacrifiant nos week-ends et une grande partie de notre train de vie ? Parce qu'on a 10 petits hectares de vignes dans un village inconnu appelé Margueron? Une moitié constitue le fruit d'une vie de labeur pour la famille de Jean-Michel et l'autre moitié des week-ends de folie à planter les vignes avec nos mains pleines d'ampoules et mes articulations meurtries.
Parce qu'on a des vignes à 10000 pieds par ha? Parce qu'on continue de vendanger à la main? Peut-être parce qu'on a une bouteille à 50€ à Sainte-Foy?
Sûrement parce qu'on est endetté jusqu'à la retraite pour avoir offert à nos vins des conditions dignes en construisant des bâtiments.
Qui sait ? Peut-être même pas celui qui l'a fait.
On nous a un jour reproché d'aller trop vite et trop loin! Mais par rapport à qui et à quoi?
Devait-on arracher un rang de-ci delà dans nos vignes pour se rapprocher d'une densité de plantation qui était un objectif ambitieux à long terme pour certains mais un recul mémorable et instantané pour nous?
Les sentiments humains sont parfois difficiles à cerner. Nous avons toujours agi sans bruit dans le but de servir notre passion pour ce métier dont le grand-père disait qu'il était le pire du monde,...en pensant exactement le contraire!