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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 07:21

Il y a des jours où on pense que tout peut bien se passer.

Samedi matin, de bonne heure (9h 30), rendez-vous avec des fous de vin qui souhaitaient nous rencontrer et déguster les vins.

Bien évidement, dans ces cas là, il faut être levé suffisamment avant pour ne pas apparaître en pyjama devant les invités…

J’ai pensé préparer du pain perdu pour accompagner le café. Même avec de la volonté, une dégustation si tôt est toujours moins appréciée qu’un petit noir.

Dés leur arrivée, le décor est planté. On commence à parler biodynamie, culture respectueuse de la vie,…Bref, on ouvre notre cœur. Après plus d’une heure de discussion, on se décide enfin d’aller faire un tour des vignes. Entre temps, les enfants, qui ont été sommés de déjeuner tôt (invités oblige…), sont repartis au lit et dorment à poing fermés.

Le tour des vignes est  l’occasion de discussion « in situ » sur notre viticulture.

De retour à la maison, c’est la visite du garage pour parler de la façon dont nous traitons les vignes concrètement en bio et biodynamie. Souvent, les gens n’en connaissent au mieux que la partie théorique, mais ils n’ont aucune idée de la mise en œuvre pratique de la biodynamie.

La visite des chais est aussi l’occasion de longs échanges. Les chandeliers à bougies du chai à barriques de rouges font une fois de plus sensation. Il faut dire que ce n’est pas courant de voir de vraies bougies éclairer une pièce en ce début de 21ème siècle. La question incontournable est qui a allumé les bougies, et quand. Mystère… Sûrement des forces de vie chargées du feu des 4 éléments !...

Enfin, retour dans la maison pour une dégustation complète de la gamme. Une nouvelle occasion de refaire la viticulture.

L’heure tourne dans le cadran de notre vieille comtoise. On propose à nos invités de partager un déjeuner improvisé (ou presque) afin de pouvoir poursuivre en toute sérénité une discussion passionnante dans laquelle vigne et vin sont les points centraux ; comme c’est original.

Enfin, vers 16h, on estime qu’il est raisonnable de se quitter, même si on ne s’est pas tout dit.

 

Le vrai week-end peut alors commencer ; celui du travail dans les vignes.

Pendant que je range la maison, Jean-Michel coupe les racines à des plants afin d’être prêt le lendemain. Il installe les griffes sur l’enjambeur pour la vigne à 1 mètre dans laquelle les herbes ont bien profité des pluies. Encore 1 semaine et on ne pourra plus intervenir.

Avec la débroussailleuse à fils, j’en profite pour aller lui préparer un peu le travail en coupant les grosses touffes d’une plante envahissante qui est semble-t-il une luzerne et qui connaît des croissances exponentielles. Mon beau-père l’appelle du « trifoulé ». Si on ne la détruit pas avant le passage des charrues, elle submerge littéralement les souches et rend tout travail du sol impossible tant elle est enchevêtrée dans les fils et les souches.

 

Enfin, arrive le dimanche. La journée est belle. La complantation est un jeu d’enfant. On peut enfin marcher dans les vignes en chaussures. C’est la saison mais cette année, cela semble être un luxe.

Même les enfants sont de bonne humeur, afférés qu’ils sont dans les rangs.


Encore un week-end et la complantation sera achevée pour l’année. Ouf !!!

 









Jean-Michel s’essaye au griffage avec l’enjambeur. Comme il s’agit du premier travail du sol de l’année, j’en profite pour aller suivre le tracteur et sentir cette odeur si envoûtante de la terre que l’on retourne. C’est toujours un moment magique pour moi. J’y perçois toute la symbolique qui est attachée au retournement de la terre.

 

Malheureusement, après une heure de travail, nous voyons arriver Jean-Michel sans son tracteur. Une grosse pierre enfouie a littéralement calé le tracteur et a engendré la casse d’une chaîne de transmission à la roue gauche. Les enjambeurs sont des engins puissants mais aussi fragiles.

 

L’analyse des symptômes lui a permis d’avoir le bon diagnostic. Il a pu sortir l’engin de la vigne mais n’a pas été capable de le ramener à la maison. Son père a donc dû aller à sa rescousse avec l’autre tracteur.

Dans ces cas là, il faut démonter pour pouvoir réparer. Heureusement, Jean-Michel est adroit de ses mains.

Il avait visé juste et c’était bien une énorme chaîne qui avait cédé. Maintenant, il  faut réparer.

 













C’est la vie du paysan. Faire des projets, mais être soumis aux aléas de la météo souvent, de la mécanique parfois et donc voir ses prévisions rarement se réaliser comme on l’avait souhaité.

Cette fois-ci, la fin de la parcelle restera jusqu’à la réparation de cette maudite chaîne et son remontage.

 

C’est vrai que sans cette panne malvenue, le week-end aurait pu être parfait : des visiteurs sympathiques qui semblent partager le même idéal de viticulture que nous, un beau soleil dans les vignes qui revivent après les épisodes de gel et de pluies, la possibilité de commencer les labours, et surtout une famille en bonne santé réunie dans les vignes.

 

Cependant, on a connu péripéties plus graves que cette maudite chaîne. On devrait pouvoir surmonter l’épreuve sans trop de difficultés,…surtout moi qui ne ferait que regarder Jean-Michel réparer…

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commentaires

Stéphane VILLETTE 28/04/2008 17:45

Bonjour Corinne,

En effet quelle journée de pure plaisir ! Des discussions passionnées et passionnantes, une belle ballade dans les vignes sous des chaleurs douces et apaisantes. Que demande le peuple de plus ?! Les vins sont de très belle qualité en plus ! La vraie vie, finalement !

Je te remercie encore profondément pour cet accueil chaleureux et se repas presque improvisé ;o) , en espérant te revoir, ainsi que Jean-Michel, très bientôt.

Si l'envie vous prend de venir visiter Périgueux, il faut absolument me prévenir ! ;o)

J'ai fait une synthèse de notre visite sur BDE,

j'espère ne pas avoir raconté trop de bêtises ! J’y ajouterais les commentaires des vins dégustés dans la soirée. Mais quelle pureté dans vos vins !

@micalement.

Stéphane.

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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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