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9 mai 2008 5 09 /05 /mai /2008 07:10

Récemment et pour la millième fois depuis notre passage en bio, on vient de nous demander ce que nous utilisons pour les traitements.

Chaque fois et toujours avec la même conviction, on énumère le cuivre, en petite quantité, le soufre et les plantes. Et là, c'est toujours la même question : l'ortie : c'est contre quoi ?

Dans ce cas là, il faut rester calme et positif pour éviter de faire fuir l'interlocuteur surtout lorsqu'il a des intentions sincères et pacifiques; ce qui n'est pas toujours le cas.

Mais le mot "contre" est tout à fait caractéristique de notre société. On va essayer, sans succès, de lutter contre une maladie ou un ravageur. On sort son attirail guerrier, bien rangé derrière son habit de viticulteur.

On a alors une vision agressive de notre métier, avec des rapports de force qui dépendent en partie de la puissance de notre armement.

 

Nous, nous voulons plutôt, être "pour" nos vignes. Pour les aider lorsqu'elles en ont besoin. Pour être à leur côtés et essayer de les avoir robustes par elles-mêmes. Dans cette vision des choses, il n'y a aucun sentiment martial, mais au contraire de l'affection et même de l'amour.

 

Certains diront que c'est bien théorique ou même folklorique. Je ne le pense pas. A-t-on déjà vu des parents ne pas donner le meilleur à leurs enfants? A-t-on déjà vu des parents administrer à leurs enfants des substances qu'ils savaient être néfastes pour la santé.

Sûrement pas.

 

Pour la vigne c'est la même chose. Si nous sommes à côté d'elle, c'est pour lui donner le meilleur, proscrire ce qui pourrait l'empoisonner, afin qu'elle puisse s'épanouir seule en donnant en retour le meilleur d'elle-même.

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commentaires

Luc 09/05/2008 15:43

Bonjour Corinne,
Je me suis permis une réponse sur mon blog.
A lire avec tout le respect que je porte à votre démarche.

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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