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13 mai 2008 2 13 /05 /mai /2008 07:06

Avec le printemps bien installé, c'est pour nous le moment de la récolte des orties destinées aux traitements de l'année mais aussi du début de l'année prochaine. Le meilleur moment pour la récolte est en effet au début mai alors que les tiges sont suffisamment hautes pour avoir un bon rendement mais aussi avant la floraison.

Dans la mesure du possible, on choisit un jour "fleur" pour effectuer la récolte. Pourquoi un jour fleur ? Je ne le sais pas très bien. Il est supposé être le meilleur. La terre ne s'arrête pas de tourner si on ne récolte pas dans cette configuration mais le fait de refuser exprès la récolte en jour fleur serait une forme d'intégrisme aussi grave qu'une "récolte en jour fleur sinon rien".

Comme je n'ai pas l'impression de maîtriser les subtilités du vivant, je mets toutes les chances de mon côté lorsque c'est possible.

Bien qu'il existe beaucoup d'orties notamment sur les bords de la Dordogne, nous avons la chance d'en avoir des quantités phénoménales juste à côté de chez nous dans les plantations de peupliers des marais de Pontet-Canet.


Il y en a tellement qu'on pourrait alimenter tout Pauillac en orties car nos prélèvements sont insignifiants et ceux de Pontet-Canet à peine visibles.

Malheureusement, il ne semble pas y avoir d'autres candidats à l'utilisation des orties…
 

Le marais est en endroit à part. A quelques mètres des vignes et environ 200 m de notre domicile, on a l'impression d'être dans un autre monde. Il faut dire que les peupliers, maintenant âgés de 10 ans amplifient ce sentiment d'isolement car ils suppriment  l'horizon.

Dans le marais tout est vert et disproportionné. Lorsqu'on parle de forces de vie, on visualise bien de quoi il peut s'agir en regardant comment les plantes s'y développent.

 

Pour le chantier de récolte, le souci n'est pas de trouver les orties mais plutôt les endroits les plus fournis en orties "propres" c'est-à-dire sans autres végétaux.

Dans quelques semaines, le liseron des marais se sera développé et recouvrera complètement les tiges d'orties. Toute récolte sera donc impossible pour nous.

J'attrape une poignée d'orties que je coupe à la faucille. Je ne suis pas sensible à leurs piqûres sur les mains.

Par contre, c'est tout à fait le contraire dans le cas de Jean-Michel. Il est équipé de gants et de manches longues. Malgré ces précautions, il se fait piquer au niveau des poignés à l'endroit où manches et gants ne se chevauchent pas.

Les tiges sont mises dans de grands sacs jusqu'à la maison. Là, elles sont étendues sur le sol et brassées régulièrement jusqu'à leur séchage complet.

Elles sont alors de couleur très foncée et peuvent être utilisées dans les tisanes.

 

A chaque traitement, nous utilisons l'équivalent d'un kilo d'orties fraiches par ha, soit 100g d'orties séchées. Il est tout à fait possible de prendre des tiges vertes mais comme nous constituons des solutions concentrées de tisane (environ 2-3 litres par ha), il faudrait trop d'orties par rapport à la quantité d'eau. Lorsque les tiges sont sèches, elles semblent absorber l'eau au fur et à mesure qu'on les trempe dans l'eau bouillante. Nous y ajoutons d'autres plantes en fonction des besoins.

Après filtration, cette solution concentrée est ensuite diluée dans le volume d'eau nécessaire au traitement pour le nombre d'hectare, puis dynamisée.

A ce stade, la mise en œuvre est aussi facile qu'avec une boite de pesticide. La seule différence vient de l'odeur qui n'est pas la même (…ni la protection de l'utilisateur).

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commentaires

Aurelien 16/05/2008 12:56

Bonjour Corinne,

et merci pour votre réponse concernant "le délai optimal".
Si vous le souhaitez vous pouvez faire la rencontre de mon domaine familial sur notre blog... Les reconversions en "bio / biodynamie non certifié" sont effectuées depuis 4 ans et cela reste toujours enrichissant de communiquer avec d'autres vignerons, de Champagne ou d'ailleurs !

Sincèrement,

Aurélien

Aurelien 14/05/2008 12:53

bonjour,

Je procède à peu près de la même façon, sauf que j'effectue la pluvé de tisanes d'ortie en complément d'une silice.

Question technique, après dynamisation, vous la conservée combien d'heures au maximum pour les traitements ?

Corinne Comme 14/05/2008 14:18


Bonjour Aurélien,

J'utilise également des décoctions de prêle (pour la silice), 1 à 2 jours avant le périgé. Que ce soit pour l'ortie ou la prèle, j'ajoute de l'osier quand la température redescend à 80°.
Je ne connais pas la durée optimale de consevation. Comme mon dynamiseur contient 600 litres et que cela correspond à 1 atomiseur et qu'il faut moins de 3 heures pour traiter, la tisane est
pulvérisée 4 h maxi après dynamisation. Cela me semble cohérent avec la concentration des plantes de la tisane.
J'espère avoir le plaisir de vous rencontrer. A bientôt
Corinne


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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