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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 09:27

Certes, le titre est un peu provocateur mais il reflète bien notre état d'esprit face au problème des maladies et particulièrement des maladies du bois, véritables cancers des ceps de vigne.

 

Il y a quelques jours, je vous parlais du chantier de complantation. Certes, remplacer les ceps morts dans l'année est une opération indispensable à la pérennité de la parcelle, mais on devrait se poser la question fondamentale du pourquoi d'une telle mortalité. J'ai pris un cliché d'une parcelle de vignes hautes et larges pour illustrer mon propos. Je n'ai pas la prétention de dire que c'est bien mieux chez moi. Mais dans l'exemple choisi, les jeunes plants sont protégés des désherbants chimiques par des manchons plastiques. Il est donc plus facile de se faire une idée de la situation que dans mes parcelles labourées qui n'ont pas ses appendices colorés.

 

Effectivement, on constate depuis quelques décennies que les maladies du bois sont en recrudescence. Donc, en grands scientifiques devant l'éternel, on tente de trouver le produit chimique qui va enfin éradiquer le champignon responsable. En fait, on s'est rendu compte assez vite que la situation n'est pas aussi simple et qu'il n'y a pas qu'un seul pathogène mais plusieurs qui se succèdent ou agissent ensemble ou séparément...

On aura payé des générations de chercheurs à ne faire que chercher et ne rien trouver de concret pour le viticulteur.

 

Vous l'avez compris, on ne sait pas grand-chose en vérité. Et puis, quelle importance?

 

Pour ça comme pour beaucoup d'autres choses, on a oublié l'essentiel c'est-à-dire se demander pourquoi on en est arrivé là. Qu'est-ce qui a changé dans notre viticulture pour en être rendu à se poser la question de la survie même de certains cépages?

C'est tellement logique que le formatage de notre pensée nous fait passer à côté de ce bon-sens élémentaire.

 

Evidement, je suis persuadée qu'il existe un lien étroit entre l'évolution des maladies du bois et les changements intervenus dans notre viticulture.  Si j'avais la réponse exacte, je pourrais prétendre au prix Nobel. Malheureusement, il nous reste de fortes présomptions. On peut citer pêle-mêle, les produits phytosanitaires, les désherbants, les engrais chimiques, les clones productifs,...

On peut aussi ajouter des raisons plus subtiles comme la volonté de voir certains cépages dans des zones où ils n'auraient jamais du se trouver, les techniques de taille propres et génératrices de grosses plaies inutiles,...

Comme toujours, rien n'est vraiment fondamental mais tout compte.

A la fin, il y a des ceps qui meurent tous les ans, des vignobles qui rajeunissent dangereusement. Bref, un vrai patrimoine qui s'en va...

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commentaires

charline 25/06/2008 15:25

bjr,
il est important de prendre en compte l'arret de l'arsénite de sodium comme moyen de lutte !!!

toon 25/05/2008 06:54

Bjr, en effet bcp de facteurs sont en jeu. Cependant, la vigueur reste pour moi l' inconue la plus significative (et ceux dans les 2 sens excès et manque). Cette dernière est composé de moulte variable : sols, sous sol (compo, texture, vie, ...), PG, clône, conduite de la vigne (traitement, hauteur, taille, ...). Bref, mais une chose est sûr, comme pour l'homme si on lui en demande bcp, si on lui fait prendre des dopants (ex : Grifith Joyner, excuser moi pour l'ortho), manger n'importe quoi, ... il y a plus de chance qu'elle se meurt plus rapidement ; à contrario : l'habitué à vivre dans son environement et non l'assisté (cf : Kant), manger des choses saines, equilibrées et naturelles (cf : J. Longo), ... il y plus de chance qu'elle devienne centenaire et réussir des exploits chaque année. Bon, j'arrête je pourrais debattre et rien faire today, commencer à dire à la mienne : Bonne fête des mamans (ok, c'est commercial ; je pense ts ls jour à elle, mais celà lui fait toujours plaisir ; d'autant que mon cadeaux cette année et de lui faire la surprise de faire Bordeaux - Ampuis A/R juste pour manger avec elle et le lui dire en face). Alors bonne fête à toutes les MAMANS en attendant les papas.

Iris 23/05/2008 12:04

Sans prétendre au prix Nobel, je peux dire, que dans nos vignes, qui n'ont jamais vu de désherbant dans leur vie (et dans une région, où on met les manchons plutôt contre les lapin et autres rongeurs), les maladies du bois existent aussi - dues tout simplement au pourridié, qui reste dans le sol, quand on n'a pas pu enlever complètement les racines de certains espèces d'arbres, présents avant défrichage sur les terrasses - une culture de 6 à 8 ans d'engrais vert, donc un repos, genre jachère naturelle avant plantation, aurait peut-être pu éviter le problème.

Les maladies, ou dégradations naturelles par des micro-organismes, présents dans le sol, existent partout dans la nature - tout n'est pas du aux mauvais chimistes:-).

Eric 23/05/2008 12:01

J'en suis entièrement convaincu. Comme le disait Claude Bernard "le microbe n'est rien. Le terrain est tout". Et le terrain n'est pas bon, il faut bien l'avouer. Beaucoup de sols ont perdu une bonne partie de leur "micro-faune" (sans parler des "mauvaises herbes" elles aussi éradiquées). Il y a forcément déséquilibre, et les vignes le paient.

Redonner de la vie au sol, de l'énergie : n'est-ce pas le but principal de la bio-dynamie?

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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