Jeudi 10 juillet 2008

Je ne sais pas si vous avez la même impression que moi, mais j’ai le sentiment que le temps s’accélère de plus en plus.

Les jours, les semaines, les mois et même les années passent à un rythme effréné.

 

Notre fils Thomas vient de passer le bac avec succès. Entre nous, c’est déjà un souci de moins. J’ai revécu mon bac comme si c’était hier. J’ai éprouvé de nouveau la même angoisse au moment des examens et lors de la longue attente des résultats.

Le problème est que je l’ai passé il y a 25 ans…A l’époque, nous étions jeunes et Jean-Michel avait une chevelure un peu plus fournie, surtout sur le devant et pas un cheveu blanc. Depuis, les choses ont bien changé ; on pourrait dire pudiquement qu’il a gagné en sagesse…

Heureusement qu’il ne tient pas un blog pour porter les mêmes jugements sur moi !

 

Il faut donc se mettre en quête d’une chambre d’étudiant dans la ville où il va aller l’an prochain, c'est-à-dire Tarbes.

Même s’il ne se destine pas à la viticulture, je lui souhaite bon courage avec tout mon amour de mère !

A peine les résultats était-il publiés, que la majorité des chambres étaient déjà retenues. Il faut donc, faire des démarches pour en trouver une, pas trop loin de son école.

Il n’a pas trop le temps de s’en occuper seul car il a trouvé un boulot d’été dans un Château voisin…Pontet-Canet. Mais, déformation familiale, il n’envisageait pas vraiment d’aller travailler ailleurs que dans un vignoble en bio. Puisque Pontet-Canet est le seul exemple local dans ce cas…

 

Comme tous les jeunes de son age, il a commencé par du petit travail manuel.

Puis, après un jour, Jean-Michel en manque de chauffeurs de tracteur à cette saison lui a demandé de conduire un enjambeur. C’est ce qu’il fait depuis. Après le rognage, il a été placé au décavaillonnage. C’est au moins un des avantages d’être fils de paysan, on sait faire plein de choses et donc conduire les tracteurs. Je suis à la fois fière de lui et inquiète quand j’aperçois le gyrophare de son engin depuis ma maison. Entre nous, il est beaucoup plus doué que moi dans ce domaine.

 

Après les locations à trouver, je dois aussi préparer mes mises en bouteilles. Le fait d’avoir rouge, blanc sec et liquoreux multiplie les références, les matières sèches et… donc les risques d’erreurs.

Tous les ans, je passe mes commandes et planifie les opérations avec fébrilité car j’ai toujours peur de faire des erreurs. Il faut que tout s’enchaîne avec perfection pour que la mise se passe bien.

 

Il y a aussi des commandes à préparer pour différents pays avec tous les tracas administratifs que cela représente.


Je dois ajouter à cette liste, les formalités mensuelles auprès des services officiels chargés de nous contrôler, les factures à émettre et celles à payer, la comptabilité à mette à jour,…

 

Et la vigne dans tout ça ? C’est bien là la question qui me taraude. Je n’ai pas l’impression de lui consacrer le temps qu’elle mérite. Elle est toujours dans mon cœur et dans mes préoccupations mais je n’ai pas assez de temps à lui consacrer.

Je la vis un peu trop par procuration.

Heureusement, il y a des moments d’intimité par exemple lorsque je décavaillonne car le tracteur roule lentement. Je peux alors ressentir complètement mes vignes.

 

Depuis quelques semaines, nous venons d’entrer dans la période de diminution de la durée du jour. Le mois de juillet est presque à moitié écoulé, on pense déjà au mois d’août et même aux vendanges.

 

Il faut tout arrêter et pouvoir choisir un temps qui passe moins vite car je n’y arrive plus.

Si vous avez le même sentiment que moi nous pourrions faire une pétition.

 

Mais, à qui l’envoyer ???


 

 

 

Par Corinne Comme - Publié dans : Etats d'âme
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