Mardi 15 juillet 2008

Comme d'habitude, c'est dans les vignes et les chais que nous avons passé le 14 juillet et le reste de ce week-end de 3 jours.

Il faut dire qu'avec le retour du beau temps, il y a du travail dans toutes les directions.

 

J'ai aussi des commandes qui doivent partir dans les jours prochains. C'est toujours une bonne chose de voir des palettes de caisses bien rangées avec le nom de leur destinataire. Parfois, on se prend à rêver de suivre le vin jusque chez le consommateur final. Qui consomme mon vin, dans quelle maison, avec quel mobilier, à quelle occasion, avec quel plat,...

On revient très vite à la dure réalité avec l'aide du rouleau d'étiquettes qui se termine ou la machine qui connait des ratés.

Il y a un autre avantage à faire partir du vin. Je libère ainsi des casiers métalliques de 600 bouteilles dont j'aurai besoin dans quelques jours pour la future mise en bouteilles.

Ces casiers coûtent assez cher et de plus en plus cher. Je dispose donc de la quantité nécessaire sans plus.

Les derniers départs de vin de cette saison participent donc à diminuer mon angoisse d'avant mise. Il y aura largement assez de casiers vides; donc j'ai déjà un problème de moins.

Rassurez-vous, il y a de nombreuses autres occasions pour moi d'être angoissée pour la mise en bouteilles. Par exemple, je compte et recompte les commandes de bouchons en comparant avec le volume de vin à embouteiller. Je finis par tout mélanger dans ma tête et donc chaque recomptage me rassure.

 

J'ai aussi les vins blancs à finir de soutirer pour une filtration dans la semaine.
Les rouges quant à eux ne seront filtrés qu'au moment de la mise. Pour la première fois, ils ne seront pas collés. Ce n'est pas un choix de notre part mais une décision du vin lui-même si on peut dire. Après essais de collage, il nous est apparu que les témoins étaient meilleurs que les essais collés. On a donc respecté la volonté du vin!

 

Jean-Michel ne m'a pas beaucoup aidé car il est resté pratiquement tout le week-end avec son enjambeur. D'abord pour décavaillonner (enfin), puis pour traiter. Il a juste pris le temps de dépanner un problème électrique de l'étiqueteuse.

Le rognage a été l'œuvre de notre fils Thomas ; sous l'œil attentif de son père néanmoins.

 

Jean-Michel n'a jamais vraiment de repos. Après sa semaine à Pontet-Canet, il fait une autre semaine (en deux jours) dans notre domaine. Souvent, je suis inquiète pour lui mais il ne se plaint jamais. Il faut dire que la vigne est sa passion et sa vraie raison de vivre.
Souvent, il dit que la sève de la vigne circule dans ses veines et que son sang se mêle à la sève de la vigne. C'est sûrement en partie vrai, surtout quand on a connu 2007…

 

En positivant, on peut penser que le fait d'avoir une vraie expérience de terrain constitue un avantage dans son travail de régisseur. Rares sont les responsables de grands domaines qui savent décavaillonner, traiter en le faisant réellement, ou qui ont déjà passé des journées à tailler sous la pluie. Tant qu'on ne l'a pas fait, on ne peut pas savoir ce que c'est.

 

Ce fut donc pour nous un week-end ordinaire de travail. Ce qui ne l'est plus tout à fait, c'est d'avoir eu les enfants avec nous pendant 3 jours.

Pour Thomas, les semaines sont maintenant comptées avant son départ à Tarbes pour 5 ans mais surtout pour commencer à vivre sa vie sans nous.

Laure est plus jeune, mais elle a l'âge où on commence à moins rechercher la présence de ses parents pour préférer celle des copains.

 

Finalement, le bonheur est peut-être tout simplement là en étant avec ses enfants, même s'il y a entre nous une palette de caisses à monter ou un tracteur et sa rogneuse.

Par Corinne Comme - Publié dans : Vie du Domaine
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