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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 08:44

De tous les philosophes français, il en est un cher à notre cœur. C'est Montaigne.

Certes, comme pour tous les lycéens de notre époque, il a accompagné quelques unes de nos journées de classe de première.

 

Mais surtout, il est né à quelques encablures de chez nous, dans le petit village de Saint-Michel de Montaigne.

On peut d'ailleurs y visiter sa fameuse tour dans laquelle on sent toujours l'âme de l'écrivain.

 

Si je pense aujourd'hui à Montaigne, c'est à propos d'une phrase qui peut paraitre anodine. Pourtant dans le contexte actuel, elle ne l'est pas du tout.

En effet, il a dit un jour : "je marche plus sûr à mont qu'à val", c'est-à-dire je monte plus facilement que je ne descends.


Si certains semblaient ne retenir que la thèse du strict premier degré, je pense qu'il y avait dans son esprit fertile, un second degré évident.

 

Les propos de Montaigne s'appliquent particulièrement aux déconvenues du nouveau classement de Saint-Emilion.

 

Ainsi dans les classements aussi, il est plus facile de monter que de descendre. Les responsables de la révision décennale ont semble-t-il oublié ce détail.

 

Il en ressort donc une pensée philosophique très profonde. Il est plus aisé d'accepter la douceur des honneurs que l'amertume de la défaite.


Montaigne était donc un visionnaire. Il a simplement oublié de nous léguer un règlement intérieur de la révision du classement qui obtienne avant l'épreuve l'approbation de tous.  Faut-il pour autant lui en tenir rigueur ? Je ne le pense pas.

 

A sa décharge, je reste convaincue que de son 16ème siècle, il n'avait pas envisagé que ce futur classement ferait couler autant d'encre …et de venin.

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Corinne Comme - dans Divers
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Martinez 18/07/2008 08:39

Et rappelez vous la distance intellectuelle (plus que quelques "encâblues") qui séparait Montaigne des cultivateurs de sa région. Il avait une tendresse pour eux, mais savait qu'ils appartenaient à deux mondes différents, au point qu'il disait "il y a plus de distance d'homme à homme que d'homme à bête" - c'est à dire que les paysans et les rustres étaient plus proches des animaux dans l'échelle des êtres chère à Aristote que des nobles intellectuels comme lui

Martinez 18/07/2008 08:31

Vous vous trompez complètemet sur la citation de Montaigne. Montaigne inspiré par les stoïcien ne pouvait en aucun cas vouloir dire qu'il valait mieux monter dans les classements qu'en descendre, d'ailleurs à l'époque il n'y avait pas cette exception du classement.

La citation s'applique à l'éducation et à la façon dont on s'adapte à l'esprit des disciples. La voici replacée dans son contexte - lisez plutôt :

"On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui verserait dans un entonnoir; et notre charge, ce n’est que redire ce qu’on nous a dit. Je voudrais qu’il corrigeât cette partie, et que, de belle arrivée , selon la portée de l’âme qu’il a en main, il commençât à la mettre sur la montre, lui faisant goûter les choses; les choisir et discerner d’elle-même ; quelquefois lui ouvrant le chemin, quelquefois le lui laissant ouvrir. Je ne veux pas qu’il invente et parle seul, je veux qu’il écoute son disciple parler à son tour. Socrate et, depuis, Arcésilas faisaient premièrement parler leurs disciples, et puis ils parlaient à eux.

Obest plerum que iis qui discere volunt, auctoritas eorum qui docent

Il est bon qu’il le fasse trotter devant lui pour juger de son train, et juger jusques à quel point il se doit ravaler, pour s’accommoder à sa force. A faute de cette proportion, nous gâtons tout; et de la savoir choisir et s’y conduire bien mesurément,. c’est l’une des p lus ardues besognes que je sache ; et est l’effet d’une haute âme, et bien forte, savoir condescendre à ses allures puériles et les guider. Je marche plus sûr et plus ferme à mont qu’à val.

Ceux qui, comme porte nôtre usage, entreprennent, d’une même leçon et pareille mesure de conduite, régenter plusieurs esprits de si diverses mesures et formes, ce n’est pas merveille si, en tout un peuple d’enfants, ils en rencontrent à peine deux, ou trois qui rapportent quelque juste fruit de leur discipline. "

Il faut arrêter de tirer les grands auteurs vers nos petites préoccupations personnelles. Si les auteurs sont grands, c'est parce que justement leur approche des choses étaient un plus noble que les nôtres.

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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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