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12 septembre 2008 5 12 /09 /septembre /2008 08:13

Tous les ans depuis que je connais Jean-Michel, la période de fin d’été est aussi celle de la récolte des pêches de vigne.

Pendant longtemps ces arbres étaient cultivés à même les rangs de vigne mais avec la mécanisation, ils ont été repoussés d’abord en bordure de parcelles puis dans des endroits moins exposés.

Au Champ des Treilles, il y en avait encore un rang lorsque nous avons repris le domaine. Il se situait dans l’actuelle parcelle de Muscadelle, autrefois en Sémillon avant le surgreffage de 2003.

Ces arbres s’ajoutaient à ceux présents dans un verger proche de la maison.

 

Il y avait donc une quantité incroyable de pêches tous les ans. Le grand-père, issu d’une génération de petits profits, en vendait des cageots à des marchands de fruits et légumes. Il fallait les ramasser avec précaution pour quelques centaines de francs par saison.

C’était aussi pour « ne pas laisser perdre » tant de beaux fruits.

 

Depuis, nous avons arraché les arbres des vignes qui sont remplacés par 2 rangs de Muscadelle.
Avec quelques arbres, nous avons largement assez de pêches pour nos besoins personnels.

 

Tous les ans, je fais de la confiture de pêches de vignes. Il faut dire que nous avons pour habitude de ne jamais acheter de confiture du commerce.

 

En fait, ce n’est pas tout à fait vrai car c’est le deuxième été qu’il n’y a pas de fruit.

Les prunes ont subi les gelées du mois d’avril. Une grande partie de la récolte a été anéantie en une seule nuit. Pour nous, cela veut simplement dire pas de confiture de prunes dentes ni de mirabelles. Mais pour les pruniculteurs, nombreux dans notre région, cela signifie peu de récolte donc de revenu.

De façon tout à fait exceptionnelle, les pêches aussi manquent à l’appel cette année. En faisant le tour de nos arbres, on n’a récolté qu’une dizaine de kilo de fruits.

Pour en rajouter une couche dans le désespoir, rares sont les fruits indemnes de chenilles.

Je n’ai jamais vu un tel phénomène.


Pour faire un lien avec nos idées et la biodynamie, il semble évident que l’on se trouve face à un évènement cyclique et que le ravageur a été favorisé par quelque position planétaire particulière cette année. Malheureusement, je ne dispose pas d’informations anciennes pouvant confirmer ce point.

Maria Thun (qui élabore le calendrier des semis que nous utilisons en biodynamie) met en évidence de telles corrélations.

Souvent, il s’agit de choses qui étaient connues dans le passé et qui ont été perdues par une trop grande confiance dans les vertus de l’agriculture moderne.


A ce titre, Jean-Michel lit actuellement un livre qui traite de l’influence de la lune sur le climat. C’est tout sauf un live ésotérique. Les informations contenues sont d’une limpidité déconcertante. Tout ce savoir a lui aussi été perdu et il faut tout ré-apprendre.

Par contre, la thèse du réchauffement climatique prend un peu de plomb dans l’aile, même si l’influence négative des activités humaines ne fait aucun doute.

Je suppose que Jean-Michel parlera de son livre dans quelque forum dédié à la vigne.

 

Cette année, ce ne sont pas les pêches de vignes qui nous permettront de remplir les nombreux pots vides.

Ce n’est pas grave car l’industrie agro-alimentaire est capable de mettre sur le marché des confitures de fraise sans fraise et des confitures d’abricot simplement avec le jus d’abricot, les fruits ayant été utilisés à d’autres fins.

En suivant cet exemple, on pourra un jour proposer du vin, sans raisin car le jus aura été vendu au préalable pour faire des jus de fruits. Que de bénéfices en perspective…

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Corinne Comme - dans Divers
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Eric 13/09/2008 08:57

Tu écris: "Je suppose que Jean-Michel parlera de son livre dans quelque forum dédié à la vigne"

Perso, j'éviterais d'en parler sur quelque forum que ce soit (surtout LPV). Ca déclenchera à coup sûr une polémique que tu n'imagines même pas... On en avait parlé en 2002/2003. Ca avait été une guerre de tranchée pendant deux mois!

Sauf si bien sûr il y a de nouvelles données scientifiques incontestables. Certains s'inclineront peut-être, même si je sais que certains ne lâcheront un pouce de terrain...

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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