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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 08:43

Vous allez sûrement vous dire que je me suis trompée de sujet et que les blogs sur les chefs d’œuvre en péril sont dans une autre rubrique.

Mais, ce titre c’est une image.

La citadelle, c’est la viticulture bordelaise traditionnelle ou plus exactement le côté « réfractaire » de cette viticulture à envisager le bio comme une solution crédible à la protection du vignoble.

Effectivement, aucune citadelle n’est imprenable et depuis quelques mois, nous sentons de vrais « frémissements » du côté de certaines propriétés bordelaises grandes ou plus modestes, qui ont mis en œuvre des essais en vrai grandeur de culture bio ou même biodynamique ou qui envisagent de le faire l’an prochain.

Pour être tout à fait honnête, j’en suis surprise moi-même. Nous avons passé plusieurs années sans avoir la moindre question. Et cette année, Jean-Michel et moi avons du répondre plusieurs fois à des demandes de visites ou de questions techniques concernant la façon dont nous procédons dans cette viticulture qui paraît parfois un peu mystérieuse.

Après le coup  de tonnerre qu’a constitué 2007 pour la lutte contre le mildiou, je pensais que les évolutions vers la culture bio seraient enterrées pour plusieurs années ; le temps que les gens oublient un peu l’importance de l’attaque.

Et bien, pas du tout. C’est justement le moment qu’ont choisi plusieurs personnes pour se lancer ou envisager de le faire.

En essayant de comprendre leurs motivations, on se rend compte qu’effectivement, 2007 a eu un effet non négligeable et inattendu en montrant que même la protection chimique la plus serrée ne mettait pas à l’abri de dommages et que la surconsommation de pesticides n’était pas la bonne réponse aux caprices du temps.

Certains candidats à cette évolution vers le bio semblent aussi ne plus se satisfaire de cette viticulture « poudre aux yeux » que l’on met en avant devant les consommateurs et qui n’est ni durable, ni respectueuse de la santé.

Iront-ils au bout de la démarche en convertissant totalement leur vignoble en bio ? Personne ne le sait ; ni eux-mêmes d’ailleurs.

Mais un premier pas a été franchi. Bientôt, les deux mains ne suffiront plus pour compter ceux qui « expérimentent ». J’espère que le mouvement va continuer et fera des émules parmi ceux qui n’osaient pas mais qui ne souhaitent pas non plus rater ce train qui s’élance.

Finalement, c’est avec une certaine fierté que nous constatons que notre discours d’une biodynamie sincère mais abordable et concrète, a pu participer à éveiller chez certains le désir de tenter l’aventure de la biodynamie sans renier les fondements d’une culture scientifique.

Nulle citadelle n’est imprenable ; nos amis du sud le savent bien en voyant l’exemple des cathares. Il faut parfois un peu de temps pour que les choses se fassent calmement et sans heurts. Patience et diplomatie sont justement des vertus très communes dans le bordelais viticole et que les gens de l’extérieur interprètent souvent (à tort ?) comme inertie et esprit de clan.

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commentaires

Stéphane VILLETTE 23/09/2008 10:27

Corinne,
Il ne faut pas perdre de vue, l'avis du consommateur, qui lui aussi devient de plus en plus sensible à la qualité du produit, sous toutes ses coutures.
Ainsi, une viticulture, comme tu la pratiques avec Jean-Michel donne des résultats, plus que probants.
Au final, tout le monde est gagnant !
@micalement.
Stéphane.

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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