Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 07:08

Nous savons que l’agriculture moderne détruit les sols. Selon certains spécialistes, dans leur grande majorité, les sols agricoles sont morts ou en passe de l’être. C’est aussi vrai en viticulture alors que l’essence même d’un vin est de représenter son terroir.

C’est un constat terrible.

 

Il faut reconnaître que pour le grand public et même les agriculteurs eux-mêmes il est parfois difficile de visualiser ce qu’est un sol mort.

Effectivement, le sol est toujours là et en général il supporte des plantes qu’il nourrit …avec plus ou moins de bonheur.

 

Certaines parcelles sentent la mort.

Qu’est ce que cela veut dire ? C’est difficile à expliquer. Moi qui n’ai pas de culture viticole familiale, j’ai appris à avoir des relations quasi-affectives avec la vigne et  ce que je dis là, c’est du ressenti.

 

Par contre, on peut facilement voir les conséquences d’un sol mort. Tout le monde peut le faire. Pour améliorer ses chances, il faut trouver une parcelle en désherbage total. Vous savez celles qui sont « bien cultivées » car il n’y a pas une herbe vivante.

Là, vous trouverez des débris végétaux de l’année précédente, voire même plus âgés encore.

 

Pour illustrer mon propos, j’ai photographié des grappes trouvées sur le sol dans une de ces parcelles.


Elles ont un an. Pendant cette période, il n’y a pas eu assez de microbes pour les décomposer. Même la peau du raisin s’est momifiée alors qu’il y a un an, c’est justement une attaque de pourriture grise qui a amené le vendangeur à les jeter au sol. Là, elles ont été littéralement stérilisées.


Le seul élément positif vient du fait que des grappes d’années différentes peuvent ainsi se côtoyer. Quand on nous parle en permanence de l’intérêt de maintenir le dialogue entre les générations, on ne peut qu’être satisfait !

 

Plus sérieusement, c’est un constat alarmant car nous poussons la destruction des sols un peu plus loin tous les jours.

L’essentiel de nos grands vins français est encore produit à partir de vignes plantées avant les usages massifs de pesticides et de tracteurs « bodybuildés ».

Les vins du futur uniquement issus de vignes nourries « au progrès de la science » auront-ils la même qualité ?

Si on regarde l’évolution corporelle de nouvelles générations consommatrices de sodas et autres hamburgers, on ne peut qu’en douter !!

Partager cet article

Repost 0
Corinne Comme - dans Divers
commenter cet article

commentaires

Milleret Jean luc 12/10/2008 19:07

Fils de paysan Savoyard , je suis particulièrement attentif à vos positions . Aucun traitement dans mon jardin ...mes pommes sont magnifiques cette année ...allez savoir pourquoi !! Il me tarde de vous rendre visite avec mes amis de Bordeaux ( Daniel Sériot ) . Je conserve un excellent souvenir de notre visite chez T Valette à Clos Puy Arnaud .
J'aimerais présenter votre vin lors d'une soirée sur les vins des petites appellations à Bordeaux ( dégustation à l'aveugle ) Sinon , je me suis ruiné avec mes achats de Pontet Canet 2005 ( j'ai pillé le stock de Carrefour Chambéry ) . Il me semble que j'ai bien anticipé la crise ( mon conseiller en patrimoine m'avait prévenu en fin d'année 2007 Que voulez vous , je préfère laisser en héritage quelques belles de Bordeaux à mes trois enfants ....le 94 a été l'une de mes bonnes surprises de ces dix dernières années ( découvert lors d'une soirée prestige ( à l'aveugle chez l'ami J F Ragot de la société Dionis ) Lafite 89- Pichon Baron 89- Lynch Bages 89 90 ...une belle soirée .

Je prends beaucoup de plaisir en consultant votre blog , mais également les nombreux messages de Jean Michel Comme sur LPV et BD ...si la petite falille passe dans la région de Chambéry , j'amerais bien l'inviter à l'Auberge des Morainières ( vous retrouverez les nombreux reportages sur le site La Passion du Vin et pourquoi ne pas envisager une petite rencontre lors d'une soirée de notre club ...cette année , nous recevrons Jean Louis Chave ( Hermitage ) ...une grande soirée en perspective ) . Le mois prochain , nous aurons également une belle soirée Biodynamie avec nos vignerons Savoyards ... G Berlioz ( Chignin ) D Belluard (Ayse) M Grisard ( Cevins ) et J Maillet ..le petit dernier en Chautagne .Vous comprendrez que je suis un adepte de cette culture ...et de plus attentif à mes sources d'achats ...

Dans mon travail également ( Pharmacie ) je privilégie de plus en plus l'homéopathie ...une expérience de plus de 30 ans ...j'ai eu la chance d'avoir participé à des conférences du Pr Guermonprez de Lille ( dont une semaine à Venise ) ...un homme brillant qui m'a beaucoup apporté lors de mon parcours à l'officine .

Amicalement : Milleret Jean Luc .


Amicalement : Milleret Jean Luc ...passionné lui aussi ...

gus 04/10/2008 13:47

Bonjour,
tout a fait d'accord sur la nocivité pour les sols de tous les pesticides.Le pire d'entre eux,utilisé maintenant depuis plus de cent ans en viticulture est sans conteste la bouillie bordelaise.Après des décennies d'utilisation par nos anciens à raison de 4 à 6 traitements par an,ils nous ont laissé des sols totalement stérilisés où après un arrachage ,un semis d'avoine(céréale pourtant très peu exigeante)arrivait à germer,devenait tout violet et finissait par crever.Le cuivre est un métal lourd qui s'accumule dans les sols et qu'on laisse en héritage à nos enfants...
Vivement l'homologation de l'eau bénite qui nous préservera de tous les parasites viticoles !
Amitiés vigneronnes !

Claude DUFFOUR 03/10/2008 09:11

Bonjour Corinne.
Je rentre de vendanges. J'étais chez des amis à POMMARD. J'y ai retrouvé l'ambiance de chez vous, le casse-croûte,la solidarité des peties équipes...
La qualité des vendanges : dans les vignes de mon ami, très moyen mais acceptable (il est en lutte raisonnée). C'est un artisan, un orfèvre qui n'a plus le temps (57 ans) de repartir en bio. Il est aussi vigneron pour les Hospices de Beaune. Leurs raisins : une catastrophe, et pire que ça encore. Comment vont-ils pouvoir faire du vin avec une telle matière première, les vendangeurs ne comprennent pas...Ils viennent soi-disant de passer en bio, qu'est-ce qui ne vas pas ? La suite au prochain épisode : la vente aux enchères des vins le 3ème dimanche de Novembre.
Avez vous une idée des prix pratiqués?
L'envie de connaître vos vins nous tarabuste.
Apparement, pas de distributeurs dans le 63.
Il va falloir aller à Margeron.
Bon courage
CD

Corinne Comme 05/10/2008 11:00


Bonjour Claude,

Venir à Margueron est une excellente idée! je serai ravie de vous faire découvrie et nos vins et notre joli vignoble.
Concernant votre question, je ne peux y répondre, les choses sont complexes, ce n'est pas un seul facteur qui influe sur la qualité du millésime. Il faut beaucoup d'observations, d'amour et
d'humilité avoir de commencer à comprendre certains liens.
Ici, la qualite des blancs récoltés est indéniable (voire même surprenante après l'année culturale difficile que nous avons connue). Vous pouvez vous en rendre compte sur la vidéo tournée par
Yannick durant la récolte des sémillons sur
http://www.1001vins.net/1001_VINS/Actualites/Entr%C3%A9es/2008/9/30_Vendanges_au_Chateau_du_champs_des_treilles.html

A très bientôt je l'espère

Corinne


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche