Vendredi 3 octobre 2008

Nous savons que l’agriculture moderne détruit les sols. Selon certains spécialistes, dans leur grande majorité, les sols agricoles sont morts ou en passe de l’être. C’est aussi vrai en viticulture alors que l’essence même d’un vin est de représenter son terroir.

C’est un constat terrible.

 

Il faut reconnaître que pour le grand public et même les agriculteurs eux-mêmes il est parfois difficile de visualiser ce qu’est un sol mort.

Effectivement, le sol est toujours là et en général il supporte des plantes qu’il nourrit …avec plus ou moins de bonheur.

 

Certaines parcelles sentent la mort.

Qu’est ce que cela veut dire ? C’est difficile à expliquer. Moi qui n’ai pas de culture viticole familiale, j’ai appris à avoir des relations quasi-affectives avec la vigne et  ce que je dis là, c’est du ressenti.

 

Par contre, on peut facilement voir les conséquences d’un sol mort. Tout le monde peut le faire. Pour améliorer ses chances, il faut trouver une parcelle en désherbage total. Vous savez celles qui sont « bien cultivées » car il n’y a pas une herbe vivante.

Là, vous trouverez des débris végétaux de l’année précédente, voire même plus âgés encore.

 

Pour illustrer mon propos, j’ai photographié des grappes trouvées sur le sol dans une de ces parcelles.


Elles ont un an. Pendant cette période, il n’y a pas eu assez de microbes pour les décomposer. Même la peau du raisin s’est momifiée alors qu’il y a un an, c’est justement une attaque de pourriture grise qui a amené le vendangeur à les jeter au sol. Là, elles ont été littéralement stérilisées.


Le seul élément positif vient du fait que des grappes d’années différentes peuvent ainsi se côtoyer. Quand on nous parle en permanence de l’intérêt de maintenir le dialogue entre les générations, on ne peut qu’être satisfait !

 

Plus sérieusement, c’est un constat alarmant car nous poussons la destruction des sols un peu plus loin tous les jours.

L’essentiel de nos grands vins français est encore produit à partir de vignes plantées avant les usages massifs de pesticides et de tracteurs « bodybuildés ».

Les vins du futur uniquement issus de vignes nourries « au progrès de la science » auront-ils la même qualité ?

Si on regarde l’évolution corporelle de nouvelles générations consommatrices de sodas et autres hamburgers, on ne peut qu’en douter !!

Par Corinne Comme - Publié dans : Divers
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
blog annuaire sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus