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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 13:14

Jean-Michel et moi avons quitté pour quelques jours notre région pour aller dans les Côtes du Rhône septentrionales, dans la région de Tain l’Hermitage.

Il y avait l’assemblée générale du Syndicat Biodyvin auquel Jean-Michel adhère. Pour ma part, j’ai choisi de ne pas en faire partie, même si la biodynamie est de plus en plus ancrée dans mes cellules ; mais c’est une autre histoire.

 

Nous étions déjà allés dans cette magnifique région viticole il y a quelques années. Et c’est avec un plaisir certain que nous nous sommes promenés parmi les ceps de vigne plantés sur ces pentes tellement escarpées qu’on a parfois des peines à y tenir debout.


 



Mon propos n’est pas de vanter les qualités de vins qui en sont issus car j’aurais l’impression de singer les critiques qui font cela très bien ; d’autant plus que certains d’entre-eux qui n’ont jamais vu un pied de vigne semblent en parler avec l’assurance de ces vieux vignerons qui font corps avec leur terre.

 

Si j’ai eu envie de parler de cette zone viticole, c’est pour saluer l’obstination de l’homme dans sa quête de la perfection.

Il aurait pu sans peine planter ses vignes dans les plaines fertiles et facilement cultivables.

 

Au contraire, il a choisi de faire pousser les ceps sur des pentes tellement abruptes qu’il est parfois dangereux d’y évoluer sans risquer une chute mortelle.

 

On ne peut qu’être admiratif devant tant d’obstination, d’abnégation.

Quand l’homme fait fi de ses douleurs personnelles et qu’il est uniquement au service du pied de vigne, alors il sait rendre hommage aux plus beaux terroirs.

 

Dans ces régions, les vignobles ne sont vraiment là que par la volonté de l’homme dans sa quête de la perfection.

Il est vigneron par choix et pas par défaut ou faute de mieux.

 

Et le vieil adage « quand on veut, on peut » s’applique particulièrement à cette viticulture où le pic et le treuil sont encore les outils constants du vigneron.

 

Je ne dirai plus jamais que je suis fatiguée après une journée de travail dans les vignes sur mes douces pentes du Champ des Treilles…

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Corinne Comme - dans Divers
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Isabelle 26/01/2009 17:17

Dans certaines de nos parcelles nous devons, pendant les vendanges, accrocher une corde au tracteur pour que le porteur puisse remonter jusqu'à lui...En ce qui nous concerne, nous avons des bons mollets !Mais c'est très dur pour les personnes qui ne sont pas habituées. Nos fidèles vendangeurs appellent ces vignes " la montagne" !

Iris 26/01/2009 14:53

J'avais visité les mêmes coteaux pendant un voyage d'études avec ma classe de l'école de viticulture, il y a bien 20 ans - et mes camarades de classe, tous issus des vignes de la pleine du Languedoc, étaient bouche bées à la vu de cette "folie", comme ils l'appelaient.

Pour moi, c'était une bonne occasion de mieux leur expliquer, pourquoi mes comptes d'heures de travail et cout de production (encore prévisionnelles à l'époque)pour notre future vignoble à Lisson étaient tellement différents des leurs... et encore, la pratique des dernières années m'a montré, que j'étais loin du compte réel:-)...

J'en garde aussi un souvenir ineffaçable d'un fond de verre de Viognier gouté chez des jeunes vignerons à Ampuis - 1000 bouteilles à l'hectare - une autre "folie" pour mes camarades - pour moi un rendement de pointe encore aujourd'hui (et seulement, si les sangliers ne s'y mettent pas...

Oui, il y a pas que deux viticultures, la conventionnelle et la bio, comme tu aimes bien l'illustrer, mais même au cœur de la deuxième, il y a encore des sacres différences depuis le début!

Merci, pour les belles photos de ces pentes vertigineuses!

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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