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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 13:11

Première partie (désolée, remettons les choses dans l'ordre)

Pour ceux qui n’auraient pas d’occupation prévue le 6 mars prochain, j’ai une solution.

Il y a une journée technique sur « Biodiversité et Gestion Viticole » à l’ENITA de Bordeaux.

Elle est organisée par l’ENITA, bien-sûr mais aussi par ARD-VD. Ce dernier sigle veut en fait dire « Association pour la Recherche et le Développement en Viticulture Durable ».
Rien qu’en lisant  le nom, on comprend à qui ou à quoi on a affaire.

Il doit y avoir une bonne dizaine d’interventions sur le thème de la biodiversité mais aucune d’entre elles ne fait allusion à un quelconque respect de l’environnement aussi simple que celui qui consiste à ne plus mettre de produits toxiques dans les vignes.

Il faut dire que pour tous ces gens là, les produits toxiques sont un passage obligé qu’il est impossible de contourner. Aussi, pour être dans un certain « air du temps » plus nature, ou naturel, ils s’évertuent à tourner autour du pot pendant des conférences entières, préludes à des actions du même genre sur le terrain.

La grande idée, c’est quand même la haie ! Elle n’est pas dans la parcelle, donc elle ne gêne pas ! Grâce à elle, toute la faune et la flore, tuées dans les vignes vont pouvoir se reconstituer miraculeusement comme le CO2 va disparaitre au dessus de nos têtes en demandant à une association de planter 3 mauvais arbres dans le tiers-monde pour compenser les gros tracteurs surdimensionnés.

Il y a aussi l’enherbement du rang. C’est là que la biodiversité va se concentrer. Ainsi, on pourra mettre des désherbants sous les pieds et des pesticides sur les feuilles sans tuer la biodiversité, en toute tranquillité…et en toute bonne foi !

La biodiversité, c’est la rédemption des péchés viticoles !

Je suppose qu’il sera même question des ruches placées au milieu de parcelles lunaires pour bien montrer qu’il y a de la vie. Malheureusement, il n’y aura pas les abeilles qui étant malades ne pourront pas se déplacer…

Non cette vision des choses, je ne l’aime pas. Pourquoi ceux qui souhaitent continuer de polluer pour ne pas s’embêter ou ne pas prendre de risques de perte de récolte doivent-ils en permanence se justifier en donnant des faux arguments pour une fausse politique de respect de l’environnement ?

Un détail important quand même : le prix de cette « Journée Technique » est de 120 €.

Ce n’est pas grand-chose quand on sait que grâce à elle, on va sauver la biodiversité donc la planète en danger.

Et puis, pour ce prix, il y a quand même un déjeuner à midi et 2 pauses café. Pour faire bon poids, bonne mesure, le café, qui est sûrement fourni par Monsanto, doit être commerce équitable, c’est mieux quand on parle de respect de la planète.

Je ne parle pas des croissants qui sont peut-être à volonté. Le pied !!

 

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commentaires

Maarten van Helden 10/02/2009 16:03

Bonjour,

en faisant une recherche sur internet pour regarder l'intérêt porté à notre journée technique je suis tombé sur votre blog. En tant que président de l'ARD-VD et enseignant chercheur à l'ENITA de Bordeaux il est évident que je me sens obligé de réagir.

Je ne sais pas pourquoi le nom de notre association ARD-VD vous pose problème, notre objectif est promouvoir la production viticole durable dans le sens de l'OILB (organisation international de lutte biologique et protection intégrée contre les plantes et organismes nuisibles). Dans ces objectifs le respect de l'environnement, le maintien et la stimulation de la biodiversité et la réduction des intrants sont clairement affichés, aussi bien en culture dit 'conventionnelle' (désolé pour cette terminologie inadaptée) qu'en culture biologique.
Nous pensons utiliser cette journée pour augmenter la prise de conscience chez les viticulteurs qui peuvent, par de mesures simples (haie, enherbement, gestion des lisières, jusqu'au niveau paysage) déjà contribuer de façon très positive à la biodiversité.
Cette réunion reprendra les conclusions issues d'un colloque international de l'OILB, groupe de travail 'aménagement du paysage pour une biodiversité fonctionelle), organisé à l'ENITA en 2008 qui a réuni 70 experts mondiaux sur ce théme.
Notre objectif est de présenter aux viticulteur et aux techniciens viticoles une vision nuancée vis à vis d'un thème d'actualité (grenelle, ecophyto 2018) sur lequel beaucoup d'incompréhensions existent.
Je peux vous assurer que votre résumé du colloque, présenté en avant dernière paragraphe de la deuxième page ne correspond pas du tout au contenu de la journée. Je profite de vous proposer d'y assister pour la tarif 'invitée' de 75 Euro, comme ça vous pouvez vous former une opinion plus objective.

Cordialement

Maarten van Helden.

Corinne Comme 13/02/2009 17:47



Monsieur,


 


J’ai lu avec intérêt votre commentaire à l’article de mon blog.
Je n’ai jamais eu l’intention d’effectuer une attaque personnelle contre vous. Je suis persuadée que vous faites votre travail avec conscience et bonne foi.


Je suis viticultrice en biodynamie et pourtant je n’ai pas
l’impression de respecter totalement l’environnement. Alors que peut-on penser de ceux qui ont une démarche dite « conventionnelle ».


 


Les belles intentions énoncées ci ou là ne sont que des leurres
destinés à donner bonne conscience à ceux qui pratiquent de la sorte et à rassurer les consommateurs.


Les dés sont pipés car l’intention n’y est pas. Les
« mesures simples » auxquelles vous faites allusion permettent ensuite de justifier l’utilisation des pesticides dans les parcelles.


La part laissée à l’agriculture biologique dans l’enseignement
est ridicule. Je ne parle même pas de la biodynamie, reléguée au rang de secte par bon nombre de vos collègues.
Ainsi, on fabrique des générations de responsables et professeurs agricoles qui n’auront pas été sensibilisés à une approche autre que celle proposée en sous-main par les firmes de
phyto-pharmaceutiques.


Et la boucle est bouclée.


Je suis sûre que l’examen des programmes dispensés à l’Enita ne
devrait pas me donner tord…


Je n’en veux pas à l’Enita car mon école d’origine (ISTAB) ne
m’a pas donné une vision plus large du métier auquel elle nous prépare.


 


Enfin, pour finir je voudrais seulement dire que de tous les
chercheurs mondiaux dont vous parlez, aucun ne doit habiter au milieu de vignes en lutte chimique comme c’est mon cas. Donc aucun n’a eu, comme moi à subir dans sa chair les dérives de cette
viticulture de « bon ton » pour ne pas l’appeler « conventionnelle » et qui préfère se donner une image de respectabilité en se référant en permanence au « bio » au
lieu de s’assumer dans ses choix de recours aux pesticides.


 


J’espère que ces quelques lignes vous donneront envie de
découvrir une vision plus paysanne de la viticulture et de l’agriculture en général. Je suis à votre disposition à tout moment pour vous faire partager ma passion pour ce métier magnifique qu’il
convient d’aborder avec bon sens et sans sectarisme de quelque côté qu’il puisse venir.


 


Cordialement,


 


Corinne Comme



Isabelle 05/02/2009 13:51

Je disais justement à Bruno que je commençais à détester des mots comme biodiversité et citoyen...ça ne veut plus rien dire car employé à toute les sauces. On dirait même que le simple fait de les utiliser , on est "écolo"...Pourtant ce sont des jolis mots, à la base!non ?

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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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