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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 12:55

« Les mots doivent franchir la barrière des dents » disait Socrate.

Je sors de chez la dentiste pour un abcès sous une dent. Socrate n’était pas un idiot.

Ce billet va me servir – je l’espère- de thérapie…..

J’ai de gros problèmes à exprimer ce que mon cœur ressent depuis le décès de maman. Si je commence, j’ai peur de ne plus pouvoir m’arrêter et de réveiller chez moi et chez Jean-Michel des souvenirs trop doux d’instants finis qui ne reviendront pas.

Ce n’est pas simple de perdre sa maman. Le vide immense laissé par l’absence ramène aussi à la surface les autres traumatismes nés de la disparition d’autres personnes aimées.

Ainsi, c’est un peu un second deuil de mon papa, presque 18 ans après sa mort.

Comment combler ce manque dans ma vie ? Les photos restent un moyen de garder une trace physique des personnes parties.

J’ai pu me replonger dans ces clichés pris pour la plupart en Algérie. De ces instants de vie, il émane un sentiment d’insouciance face à l’avenir. Moments dérisoires dans l’histoire mais gravés dans l’histoire de mes parents et donc dans mon histoire mais qui m’ont été racontés avec pudeur et parcimonie. Pourtant, je suis un peu avec eux, là-bas dans cette époque révolue pour laquelle l’histoire a tourné une page écrite en lettres rouge sang.

Tout semble si proche et si lointain. On se dit que c’était hier mais en faisant le calcul, on arrive vite à 50 ans de distance avec l’époque actuelle. Ces sourires sont figés pour l’éternité, mais les gens ont disparu. Bientôt, il ne restera plus de témoins vivants de cette époque.

Le décès de maman a été l’occasion de renouer avec ma marraine. Cela me permet de « régresser » avec bonheur ; je suis à nouveau Corinne la danseuse (peut-être « étoile » selon mon frère) et j’ai 10 ans.

De mes rêveries, je reviens bien vite car la réalité m’appelle souvent sous forme de coup de téléphone ou travail urgent à faire.

Mon vin est mon enfant. A ce titre, il me ressemble. Il contient donc un peu de cet héritage qui m’a construite, car ma chair reste faite du passé de ma famille.

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commentaires

Philippe BARRET 13/03/2009 15:13

Hier je déjeunais avec un ami qui vient de perdre sa fille unique de 30 ans, à cause de la mucovicidose. Il me disait que cette "expérience", on a beau s'y préparer, demander des conseils, etc, cela reste une avancée en terre inconnue, une expérience que l'on doit vivre sans pouvoir s'appuyer vraiment sur celle des autres ou sur une expérience précédente, comme vous avec votre père puis, bien plus tard, vote mère. Cette expérience, il faut la vivre, la faire sienne, l'intérioriser, ne pas la refuser, ne pas la fuir. C'est un passage nécessaire, comme d'autres passages perturbants de la vie. Il faut aussi rester à l'écoute de son corps et de son esprit, pour ressentir si on a besoin d'aide et de soutien avant d'entrer dans une phase de déprime toujours difficile à gérer. C'est tout cela qu'on appelle "faire son deuil", une expression que je n'avais pas comprise avant d'y être, comme nous tous, confronté un jour. Bon courage sur cette route de la vie.
Cordialement.

Philippe

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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