
CHATEAU DU CHAMP DES TREILLES
Actuellement, c’est la pleine période d’activité dans les vignes. Il n’y a jamais assez de bras disponibles.
Comme beaucoup de vignerons, j’ai décidé d’embaucher un salarié temporaire pour quelques jours. La personne, qui a déjà fait les vendanges chez nous l’an dernier, a travaillé 4 jours puis m’a appelée en me disant qu’elle avait trouvé autre chose ailleurs ; c'est-à-dire le même travail pour le même salaire. Ne pouvant pas la retenir de force, je suis revenue à mon effectif d’origine ; une fois de plus c’est en famille, le week-end que le travail a dû être fait pour ne pas prendre trop de retard.
Finalement, c’est au chômage que cette salariée peu zélée est allée se faire inscrire avec l’aide d’une assistante sociale. C’est beaucoup plus facile ainsi, il n’y a pas à se baisser à chaque pied de vigne.
Pour la remplacer, j’ai pensé trouver d’autres personnes sans emploi dans le village. Il y en a mais aucun n’a fait mine de venir. L’un d’eux, sollicité par mon beau-père s’est dit intéressé mais ne m’a jamais contacté. Naïf, mon beau-père est allé aux nouvelles, mais en le voyant, le valeureux s’est enfui en faisant semblant de ne pas le voir.
En désespoir de cause, j’ai questionné l’ANPE, efficacement rebaptisée Pôle Emploi. D’abord, il fut impossible de les joindre. Puis, j’ai pu rentrer en contact avec eux. Les démarches ont été faites. Entre autres, deux chômeurs du village ont été contactés mais encore une fois, aucun n’a donné signe de vie.
Heureusement, deux personnes se sont présentées dont une a été embauchée. Pour combien de temps ?
Cette situation est de plus en plus difficile à vivre. Les contribuables et employeurs que nous sommes sont de plus en plus sollicités financièrement mais ma motivation est en berne.
Certains parlaient de la France d’en bas et de celle d’en haut. Je n’appartiens ni à l’une ni à l’autre. Je fais partie de la portion des Français qui se lève le matin pour financer l’autre et dont certains ne font pas franchement d’efforts pour justifier l’aide qu’ils reçoivent de la collectivité, c'est-à-dire de nous.
Lors de la dernière campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait une formule très bien trouvée et qui était que « chaque salaire mérite travail ». Où en est-on deux ans après ?
On a continué dans la même voie de l’assistance. Je ne parle pas de ceux qui se trouvent objectivement démunis après des fermetures d’usines dans des bassins d’emploi déjà sinistrés. Ceux-là méritent l’aide de la nation.
Mais comment peut-on tolérer que certains continuent de rester au crochet de la collectivité alors qu’au même endroit des entreprises recherchent de la main d’œuvre? C’est le cas dans la vigne au moment des vendanges ou maintenant durant les travaux en vert. Idem pour le ramassage des pommes ou des fraises.
Comment notre société peut-elle entretenir autant de gens sans jamais leur demander aucun compte ?
Un artisan, un commerçant ou un agriculteur qui ne peut plus travailler n’a plus de revenu. Pour moi, en cas d’accident de travail, c’est quelques euros par jour après 21 jours de carence !
C’est insupportable.
Il y a quelques temps, j’ai entendu une personne dire qu’on attend la révolution du côté de ceux qui gesticulent régulièrement mais que la révolution viendra en fait des personnes ordinaires qui sont excédées par tant d’injustices et qui considèrent que leur contribution à la solidarité est un peu excessive.
Sur le moment, j’ai trouvé cette analyse fantaisiste.
Mais à la réflexion, …