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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 08:30

Avec le retour (provisoire) du beau temps, le week-end a été totalement dédié à la vigne.

Il y a eu encore 13 mm de pluie dans la semaine, ce qui a quelque peu dérangé le planning des travaux. Pour une fois, nous ne sommes pas en retard. Toutes les vignes sont épamprées et relevées.

Le feuillage et les grappes sont indemnes de mildiou ; ce qui n’est pas si mal que ça dans la région. Nous ne crions pas victoire pour autant car il convient de rester vigilant ; concentré comme le dirait Jean-Michel.

J’en parlais la semaine dernière dans le message sur la lune ; nous sommes dans une phase très délicate du mois. Même s’il n’y a pas de pluie (ce qui serait surprenant), la pression du mildiou risque d’être forte dans les jours prochains.

Il convient donc de protéger la vigne mais surtout de l’aider à se protéger seule ou avec une aide moins pressante de notre part.

Pour cela, nous puisons dans la culture biodynamique et cela semble fonctionner assez bien !

Pour Jean-Michel et les vignes à 10000 pieds par ha, ce fut donc traitement et poudrage avant un hypothétique épisode pluvieux. Il faut aussi ajouter un griffage car les rangs commençaient à être remplis d’herbe.


Les leçons de l’année 2008 ont été tirées et cette année, il a systématiquement laissé des « rangs de passage » pour être sûr de pouvoir passer traiter avec plus de facilité, ou moins de difficulté, en cas de conditions humides.

Les années difficiles servent aussi à s’améliorer en se confrontant à des situations difficiles et nouvelles. Bien-sûr, on préfèrerait voguer sur une mer calme mais à postériori, on se sent grandi après les épreuves.

Pour les vignes à 5000 pieds par ha, (soit 2 m d’écartement) le programme fut presque similaire : traitement et poudrage.  Là, c’était mon beau-père qui était aux commandes. Cette année, il est d’une remarquable efficacité.



Il était plus que dubitatif au début de notre aventure biodynamique il y a quelques années. Lorsqu’on lui demandait de pulvériser pratiquement de l’eau pure, il nous  prenait ouvertement pour des fous. Maintenant, il mesure l’évolution qualitative de nos vins et constate parfois à sa plus grande stupéfaction que les voisins en lutte chimique ne font pas mieux que nous en matière de maladie. Surtout, il ne supporte plus les pesticides qui faisaient pourtant partie de son environnement quotidien pendant des années.

Je ne serais pas totalement honnête si j’omettais de mentionner que pour ma part, la vigne fut une préoccupation moins importante que d’habitude. J’ai révisé le français du bac !

Je n’envisage pas de repasser cette épreuve qui a occupé mon esprit il y a longtemps déjà.

J’ai aidé ma fille dans ses révisions. Tout comme Thomas il y a deux ans, elle a eu une prof de français en absence quasi permanente et des cours recopiés intacts sur internet. Avec un long arrêt de  la maladie, les profs sont remplacés mais avec une multitude de semaines d’absence, il n’y a aucune solution de prévue, mis à part de renvoyer les élèves chez eux.

C’est déjà une véritable honte de laisser des élèves avec de tels professeurs mais lorsqu’il s’agit de futurs candidats au bac de français on ne peut que crier à l’imposture.

Ne voulant pas laisser ma fille dans le désarroi, j’ai repris mes automatismes de jeune lycéenne. C’est marrant comme les choses reviennent assez facilement.

J’ai ainsi pu me replonger avec délectation dans le Rhinocéros de Ionesco. Ce qui est amusant, c’est qu’en relisant la pièce avec la vision amenée par la culture biodynamique, j’ai pu trouver une profondeur bien plus forte à la pensée de l’auteur.

L’attraction du week-end fut est intervenue dans l’après-midi de samedi. Alors que le soleil brillait dans un ciel pratiquement bleu, un seul nuage a généré une averse assez forte. Le chaud soleil brillait toujours mais il pleuvait. Bizzare…

Je peux aussi ajouter un diner chez notre ami Eric B. Une fois de plus, je me suis sentie un peu ridicule en pensant à ma cuisine souvent improvisée alors que j’étais face à ses plats aussi magnifiques que succulents et impeccablement associés à de très beaux vins.

Voici donc la chronique d’un week-end ordinaire.

Ordinaire ? Pas tant que ça quand même…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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