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16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 10:54


Il y a un peu plus d’un an, j’annonçais que je n’aimais pas les vignes hautes et larges. Et bien, un an après, c’est toujours la même chose et peut-être pire encore !

Je ne vais pas refaire l’article de l’an dernier en le paraphrasant un peu à la façon des chercheurs qui communiquent pendant des années sur les mêmes résultats en les présentant un peu différemment à chaque fois, histoire de faire plus neuf.

Pour les vignes larges, je pense que les photos parlent d’elles-mêmes.



On se demande si on est encore en présence de vignes ou de plantations de kiwis.

Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble un verger de kiwi, c’est un peu ça mais avec des feuilles un peu différentes.

Les raisins n’ont pas prévu de voir le soleil. Ce n’est pas très grave car le soleil n’est pas toujours présent, donc les raisins ne manquent pas grand-chose…

Mais rassurez-vous les branches vont être relevées. En quelques minutes, le rang si épais va faire un régime type « slim-fast ». Il ne va plus mesurer que quelques centimètres de large.


Je ne souhaite pas me mettre à la place d’une branche ou d’un raisin. Ce n’est pas grave car ces vignes là n’ont pas été pensées pour confort des branches et des raisins, mais seulement pour faire du jus qui deviendra du vin.


Même les souches n’ont pas la poésie qu’ont d’ordinaire les vieilles souches. Là, très rapidement les ceps semblent porter le poids des ans après une vie à s’épuiser en nourrissant trop d’enfants à la fois.


Le seul avantage est que  l’on peut produire pas cher. Mais à quoi sert de produire pas cher quand plus personne ne veut le vin qui en est issu.

Heureusement, nos instances dirigeantes ont bataillé ferme il y a quelques mois pour maintenir ce système de conduite tellement parfait que grâce à lui plus personne ou presque ne souhaite maintenant acheter de Bordeaux, jugés chers et pas bons.

Et dire que la France est déficitaire dans la production de kiwis. Il y aurait des reconversions à envisager pour ceux qui aiment trop les vignes hautes et larges !

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commentaires

David LELIEVRE 26/06/2009 12:16

Bonjour Corine,
Chez nous au Domaine Lelièvre en Côtes de Toul, c'est tout le contraire, on adore les vignes hautes.
Nous avons transformé tout notre vignoble en 2000-2002 et je pense qu'on ne reviendra pas en arrière de ci tot.
On est passé de 11000 pieds hectares à 5500. Ca reste une densité qui permet de produire des vins de qualité, on est loin des 2000 pieds hectares des unités de production hyperrationalisées.
J'en parle avec plaisir car nous avons fait un bon qualitatif important avec ce type de conduite. D'une part le soleil est plus accéssible pour les grappes, d'autres part l'espacement entre les ligne permet de laisser le vent entrer dans les vignes et sécher l'humidité qui aurait pu se déposer. Sans parler des champignons qui sont freinés dans leur développement et nous permettent de raisonner encore mieux notre protection.
Et je n'aborde pas le coté economique d'une telle conduite...
Voilà, histoire d'ouvrir le débat. Je serai heureux d'en discuter un peu plus si tu veux.
A bientôt
David
Vigneron en Lorraine

Vincent Levieux 19/06/2009 09:35

"Je n'aime toujours pas les vignerons qui dénigrent leurs voisins..."

Madame,

Je suis assez d'accord avec Luc ; pourquoi toujours justifier vos choix techniques (que je respecte par ailleurs) par un "c'est tellement mieux chez moi que chez les autres"...

Certes, la qualité de certains vins produits dans notre région nuit à l'image de Bordeaux et de ses vins, mais l'attitude très Bordelaise consistant à taper sur son voisin nous nuit tout autant, voire plus à mon avis...

Avez-vous déjà entendu ou lu un producteur de champagne décrier un vin de son appellation (et dieu sait qu'il existe de mauvais champagnes...).

J'ajouterai que j'ai déjà goûté de biens mauvais vins produits sur des vignes à haute densité...

Bonne continuation tout de même dans votre démarche qualitative, et excellent millésime 2009.

Vincent Levieux

Corinne Comme 19/06/2009 09:55


Bonjour,

J'ai du mal m'exprimer dans ce post. Ce n'est pas du tout une critique des voisins que je respecte, mais j'essaye de poser un problème que toutes nos instances locales (syndicats, ADAR,
techniciens, coopératives, centre de gestion....) se refusent à voir (ou font tout comme). Et quand on se trompe de problème, on se trompe de solution (par exemple les copeaux....)


Hélène Sauthier 17/06/2009 15:20

Bonjour,
Bonjour,

Actuellement en cours de rédaction d'une thèse professionnelle à l'ESSEC (EMS marketing), et suis à la recherche de professionnels (vignerons ou coopératives) s'interrogeant sur l'opportunité de création d'un site de e-commerce ou en ayant déjà crée un (ou ayant renoncé à en créer un pour des questions de budget ou autres...) et qui seraient prêt à m'offrir 30 minutes de leur temps pour une conversation téléphonique.

Pensez-vous avoir un peu de temps à me consacrer ? Je pense que nous pourrions tous les deux tirer profil de cette conversation téléphonique.

Cordialement,

Luc Dubouloz 16/06/2009 16:33

Bonjour,
J'ai toujours une peine folle avec ces images et réflexions sur ce que font les voisins!
Vous avez beaucoup à dire, et vous le faîtes bien, sur votre propre vignoble. Même si nous ne sommes pas nécessairement d'accord sur le mode de production, je vous lis volontiers lorsque l'action se passe au champ des treilles.
Ce que font les voisins ne m'intéresse pas.
Sincères salutations vigneronnes.
Luc

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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