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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 09:04

Nous venons de recevoir les cahiers techniques du CIVB au sujet de l’étude sur le bilan carbone.

J’en avais parlé il y a quelques mois et je ne souhaite pas redire la même chose avec des mots différents.

J’ai lu avec attention le petit document sur papier glacé. Cela s’appelle « Plan Climat Vins de Bordeaux 2020 ».

Première bonne nouvelle, les produits phytosanitaires sont peu générateurs de gaz à effet de serre. Ouf, on va pouvoir continuer à en utiliser des pleins camions sur le vignoble.

Autre souci, la moitié du quatrième poste de production de gaz à effet de serre provient de l’Oenotourisme. Que faire ? Faut-il renvoyer les gens chez eux ? Que dire des déplacements destinés à aller vendre les vins. C’est une grande question qui touche toujours au développement en opposition au durable. J’en avais parlé il y a quelques semaines, mais là, on y est.

Ensuite, il y a toute une série de pistes objectives ou pas qui sont énumérées. Mais ce qui me frappe dans tous ces propos, c’est qu’il vise surtout les exploitations à vision industrielle des Bordeaux génériques. Ceux-là mêmes qui peuvent être sensibles aux bouteilles PET de 50 grammes, aux bag-in-box, à une mécanisation poussée à l’extrême, à la machine à vendanger,…

Pour être franche, je ne me reconnais pas trop dans ces cas de figure et que je sache on est aussi loin des Grands Crus prestigieux.  Mais qui sait…

Parmi les autres pistes, il y a le développement des vidéoconférences ! Là, je me sens totalement dépassée. Je ne sais pas combien de mes collègues vignerons utilisent ce genre d’innovations techniques pour vendre leur vin. Il me semble qu’ils doivent être à peu prêt…zéro. Mais là aussi, tout peut changer. Il suffirait que le matériel vidéo intègre les odeurs et on pourrait commencer à s’en servir en dégustation.

Malheureusement pour le solaire, le document en parle longuement et positivement avant de nous faire raz le nez en annonçant que les aides sont pour les particuliers uniquement.

Parmi les grandes solutions d’avenir, il y a aussi le développement du transport fluvial. Malheureusement, le guide n’en parle pas mais il n’est pas rare qu’une poignée de grévistes suffise pour bloquer tout un port et l’économie qui va avec, pendant plusieurs semaines.

J’ai enfin trouvé une solution : faire venir le bateau jusqu’au chai. Bien-sûr, ce n’est pas valable partout, mais bon…

Pour chez moi, il faudra avant tout creuser un petit canal au gabarit d’un porte conteneur moderne et le tour sera joué. Justement il y a la commission pour savoir où investir l’argent du grand emprunt Sarkozy. Voilà une idée.

 

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commentaires

Iris 08/07/2009 13:58

Mais non Corinne, il n'y a pas besoin du gabarit du porte conteneur, tu peux le faire creuser pour une péniche et à partir de Bordeaux, cela marche par goélette, comme le Belem, que j'ai vu l'autre jour au quai de la Garonne. À lire ici:

http://www.ctmv.eu/RevuePresse/SudOuest_20070622.pdf

Là aussi, le grand argument de marketing est le bilan CO2 - comme pour le grand distributeur anglais (Texco), qui achemine par citerne, pour mettre en bouteille (pet?) sur place...

Les pesticides dans tout cela... c'est du menu fretin...

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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