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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 09:37
Mes nuits ont été perturbées quelques temps et de façon exponentielle au fur et à mesure que le jour fatidique approchait. Mais maintenant, c’est fait : le rouge 2007 est en bouteilles.

Ce ne fut pas sans mal. Les bouteilles qui devaient arriver lundi ou mardi ont ensuite été planifiées avant 8 heures le mercredi, c'est-à-dire le jour même de la mise. Ce fut une première cause d’inquiétude. Mais l’an dernier, on avait eu pareil cas et les choses s’étaient bien passées. Cette année encore, les engagements ont été tenus.

 

Avec les bouchons, l’angoisse est montée d’un cran. Ils sont partis de l’usine dans la banlieue bordelaise vendredi dernier. Le transporteur devait les livrer lundi. Puis, on m’a dit mardi.

Enfin, après recherche des colis, on m’a annoncé mercredi matin entre 7 heures et 8 heures.

Ma confiance dans cet engagement était toute relative et j’ai une fois de plus passé une nuit d’angoisse. Mais finalement, les bouchons sont arrivés comme prévu avant le début de la mise.

Finalement, tout s’est arrangé…comme tous les ans.

 

Avec 3 vins différents pour une journée de travail, il y a beaucoup de manipulations supplémentaires. Ces dernières se paient au prix fort sur la facture mais je n’ai pas d’autres solutions.

 

Pour être sincère, j’ai d'un côté une certaine admiration pour ce camion de mise en bouteilles et toute la logistique qui le sert. Chaque détail a été pensé pour prendre un minimum de place tout en étant là pour servir la qualité et l’efficacité du travail effectué. C’est une sorte de caravane pour mise en bouteilles.  Dans une caravane (ou un camping-car), il y a tout mais avec une taille adaptée aux conditions et un souci du moindre centimètre-carré.

 

Maiq malgré tout, je n’aime pas beaucoup les camions de mise. Je ne me reconnais pas dans ce concentré de technologie et de machinisme vinicole. Il n’y a aucune poésie dans tout cela. Je pense à mon vin qui a fait l’objet de tant d’amour depuis deux ans qu’il vit avec moi et même avant cela, lorsque les vignes étaient en gestation de leur raisin.

Il lui faut maintenant subir une dernière épreuve et traverser tous ces équipements sophistiqués et dénués de sensibilité pour pouvoir se retrouver dans les bouteilles.

J’ai mal pour lui. Heureusement, il aura quelques semaines pour se remettre de ces émotions avant de commencer à partir vers chez les clients.

Pendant la journée, j’ai aussi eu deux visiteurs. Ce n’est jamais le bon moment lorsqu’on travaille, mais c’est aussi la règle dans ces cas là ; on reçoit tout le monde,  dans toutes les conditions, avec le sourire, même si on n’a dormi que deux heures durant la nuit précédente.

 

Heureusement, la mise est finie pour cette année. Dans le chai, la prochaine étape sera un grand nettoyage des cuves.
J’allais oublier. Il y aura aussi toutes les barriques à soutirer, mais ce sera à la fin août… pendant les congés de Jean-Michel.


Ensuite, on pourra attendre avec sérénité les vendanges !

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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