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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 09:55

Depuis quelques années, il est de bon ton de planter des jachères fleuries pour promouvoir la biodiversité.

Déjà, le terme « biodiversité » m’énerve au plus haut point car quand on ne prend pas la peine de tuer tout ce qui bouge au nom de l’agriculture moderne, tout fonctionne très bien tout seul. Mais mon propos du jour n’est pas là. J’en ai longuement parlé il y a quelques mois au moment d’un colloque « tournage en rond » sur le sujet.


Personne ne pourra nier le caractère esthétique des jachères fleuries. Pour les passants, cela donne une diversité de couleurs très agréable.

On en voit aussi de plus en plus dans les vignes, entre les rangs. Mais au-delà de la beauté pure que faut-il en penser ?


Pour les gens qui utilisent des pesticides, on est dans la droite ligne de la lutte raisonnée et son cortège de communication « bla-bla » autour d’une « biodiversité » préservée. Il faut préciser que les nouvelles générations de produits de traitement évitent de tomber sur les fleurs des jachères fleuries. C’est fou ce que l’industrie chimique a fait comme progrès !


Mais, ce qui me gêne le plus, c’est quand les jachères fleuries sont chez les vignerons bio et même biodynamistes. Nous pensons que chaque plante qui pousse naturellement dans les vignes est un marqueur de l’état du sol (et aussi bien souvent le remède aux problèmes quand il y en a). Chaque plante, par sa présence, nous délivre son message. C’est ensuite à nous de l’analyser pour donner à la vigne les meilleures conditions.

Lorsqu’on plante des jachères fleuries, on passe à côté de tout cela. Et on peut penser que l’on passe aussi à côté de toute la philosophie de compréhension du vivant.

La jachère fleurie dans les vignes, c’est un point de couleur, mais c’est surtout une sorte de nivellement intellectuel par le bas ; un de plus !

 

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commentaires

L
Corrine,<br /> J'ajouterai que depuis 2 ans notre voisin utilise les jagéres fleuries et que nous ne récoltons plus le meme miel qu'avant. Nous commencions avec un miel d'accacia pur pour finir par un miel de callune pur. Aujourd'hui il y a une "pollution" du au pollene fleurs exogenes. Le miel n'a plus le meme gout, ni la meme structure... dommage !
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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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