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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 09:38

Les jours se suivent, mais parfois ils ne se ressemblent pas.

Dans mon précédent message, tout fonctionnait à  merveille. Mais ce fut de courte durée. Il est vrai que les pannes ou les désagréments n’arrivent que lorsqu’on fait quelque chose.

Cette fois ci, c’est le pressurage qui a fait des siennes. La veille, pour le Sauvignon blanc, cela avait été un véritable bonheur.

Par contre, vendredi soir le Sémillon avait décidé de ne pas se presser facilement. On pourrait accuser le pressoir qui est vieux, mais ce n’est pas de sa faute car parfois la vendange ne cède pas son jus sans résister. Certains accouchements sont faciles, d’autres le sont beaucoup moins; même si on garde des gestes d'amour.

Je pense que  la composition des raisins est la cause de mes soucis. En positivant, on peut dire que c’est un élément de plus dans la compréhension de nos parcelles, des cépages, des sols et de la biodynamie que nous appliquons.

Des vignes industrielles, donnant des raisins à peaux fines et gorgés d’un jus sans consistance, doivent se presser facilement.

Chez nous, ce n’est pas du tout le cas. Les peaux sont épaisses et savoureuses. La chair est charnue. La différence est là.

Tous les ans, j’ai un peu les mêmes problèmes avec une intensité plus ou moins forte selon les cépages. Je dois « piloter » les pressurages totalement manuellement et en petite vitesse.

Il faut donc rester des heures sur place à surveiller et éventuellement modifier en fonction de ce qui se passe. Là aussi, c’est un vrai travail de ressenti, aucun automatisme ne peut remplacer.

Cette fois-ci, je suis restée devant le pressoir pendant 4 heures. Quand on a commencé sa journée de travail le matin à 6 heures, qu’il est 22 heures, qu’il fait froid,  qu’on n’a rien dans le ventre, qu’on est collante de jus et que le pressurage n’en finit pas, on finit par se décourager.  

Heureusement, après une bonne nuit de sommeil et pas de vendange le lendemain, on voit les choses avec plus de recul et de philosophie.

On oublie les tracas et on ne retient que l’essentiel, c'est-à-dire un jus de raisin abominablement bon, mais aussi un petit gain dans la connaissance du vivant, qui va pouvoir, on l’espère, nous rendre meilleurs vignerons l’année suivante.

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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