Comme d’autres, j’ai écouté le discours du Président Hollande lors de sa visite au salon de l’agriculture.
Tout ce qu’il a pu proposer ou promettre c’était de maintenir ou augmenter les aides au secteur.
Dans ce sens, gauche ou droite, il reste dans la grande tradition qui prévaut depuis quelques décennies, c’est-à-dire de faire vivre les agriculteurs d’aides ou subventions et pas de leur travail.
Ce n’est plus le bon sens agronomique qui détermine les rotations des cultures mais un logiciel qui oriente les choix en fonction des aides plus ou moins élevées d’un an sur l’autre pour telle ou telle production ! De la grande stratégie…
Je ne jette pas la pierre aux politiques car les agriculteurs et surtout leurs représentants s’accommodent fort bien de cette situation. On ne vit plus de son travail mais des aides distribuées pour qu’on reste calme. Quand les aides font mine de diminuer, on va manifester avec des arguments de poids comme des fumiers ou du lisier pour obtenir gain de cause et pérenniser ainsi le système.
La viticulture n’est pas en reste car en fonction des moments, on donne de l’argent pour changer les densités de plantation, pour changer les cépages et s’adapter à une demande plus ou moins éphémère, pour équiper les chais, prendre un matériel de culture plus performant,…
Et on ne se demande jamais si on ne pourrait pas faire en sorte que l’activité viticole puisse être rentable seule sans aide.
On maintient des productions dont plus personne ne veut en faisant croire à leur créateur que c’est la faute à plein de choses sauf eux-mêmes, leurs idées et leur modèle viticole.
Ainsi va l’agriculture, ainsi va notre société en fin de cycle qui a perdu ses valeurs, ses repères et ses espérances.