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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 15:10

Cette année qui a connu des cumuls de précipitations important au printemps nous donne des vignes dans lesquelles l’herbe pousse abondamment cette année.

 

Evidemment, on est habitué à voir de l’herbe dans nos rangs. On est bien loin du standard esthétique de mon beau père où une vigne « bien travaillée » est une vigne propre, bien désherbée (chimiquement) sous le rang. Il faut ajouter au tableau  un rognage au carré sans rien qui dépasse, avec un rang tondu très ras et un rang passé à la herse rotative (engin idiot qui déstructure les sols en surface mais les laisse lisses tout en consommant énormément d’énergie).

 

Donc, nous on est loin de tout ça. Mais, il y a des zones où nous avons remplacé au printemps les pieds manquants par de jeunes plants. Et là, par endroit, les jeunes ceps accusaient un peu le coup de la concurrence avec l’herbe.


Il a donc fallu ressortir la décavaillonneuse pour supprimer cette herbe envahissante. C’est la première fois depuis des années que nous devons effectuer une telle opération.

 deca1.jpg

 

deca2.jpg

C’est le petit tracteur à chenilles qui a été sollicité pour cette mission.

 

Après avoir tout essayé, la décavaillonneuse s’avère être l’outil le plus performant pour la maitrise de l’herbe sous le rang. Elle prend le sol et le retourne, mettant de ce fait les racines de l’herbe en l’air ; meilleure solution pour la voir sécher.

 

Heureusement pour nous et pour la cuve à carburant, on n’aura pas besoin de faire tout le domaine de cette façon.

 

On ne va donc pas concourir pour la vigne la mieux travaillée.

Dommage, mais je pense qu’on n’avait aucune chance

 

 

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commentaires

marc 05/08/2012 16:14

Chère Corinne, je respecte tout à fait votre choix. Mais, juste une petite correction, la technique de la culture sur brulis est la première technique du non labour et elle est bien plus ancienne
que celle du labour puisqu'elle date du néolithique. Les anciennes civilisations qui ont commencé à labourer le sol, et dont nous avons tout hérité (agriculture, écriture, religions...) se
trouvaient au moyen-orient (Irak, Palestine, Syrie, Jordanie...) et en Afrique du Nord (Egypte...)... c'est maintenant des zones désertiques! Et d'après certains scientifiques (Jared Diamond,
Claude Bourguignon...), la désertification est principalement due à la destruction des sols par le labour! Quant à la technique du non-labour modernisé, c'est Fukuoka qui l'a repensé en s'inspirant
aussi de traditions séculaires du Japon. Ce n'est donc pas à proprement parlé une nouvelle technique. Mais je suis d'accord qu'il vaut mieux un bon labour maitrisé à une mauvaise friche!

Greg 01/08/2012 08:45

Bonjour Corinne,

Je (et probablement pas seulement moi) serais interessé par votre avis sur cet article:
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/07/21/le-mildiou-fait-douter-les-vignerons-bio-de-bourgogne_1736697_3244.html

Corinne Comme 03/08/2012 15:42



Bonjour Greg,


 


J’ai lu avec attention cet article qui me laisse songeuse.


Je n’ai pas l’impression que le journaliste fasse la distinction entre développement durable et bio. Le développement durable est un
vaste fourre-tout, une suite de bonnes intentions et souvent de mauvaises idées (car malheureusement une belle idée n’est pas toujours bonne). Cette démarche utilise pesticides et herbicides si
les viticulteurs le souhaitent et est souvent une prétexte pour se donner bonne conscience.


 


Le bio est contrôlé et, à minima, n’utilise ni produit chimique de synthèse, ni herbicide.


mais dans sa globalité, il lutte contre les maladies avec des produits naturels+cuivre et soufre


 


Pour moi la vision bio dynamique est bien plus large que la démarche bio car elle pose la question du pourquoi la maladie arrive et
qui est le ravageur. on n’est plus dans la notion de lutte.


Quand on a ces clés, on a une boite à outils immense et dans la nuance. Et en plus, on a la possibilité d’améliorer la
qualité…..


 


La question du coût varie suivant les vignerons car il est évident que si on aborde le bio avec la même mentalité qu’en chimie, le
passage va couter cher.


Choisir de cultiver en bio est aussi important que de devenir parents : on doit se dévouer entièrement à sa vigne sans se poser
de question quand elle a besoin de nous et surtout essayer de comprendre chaque pied.


Je pense qu’il y a un temps pour tout et que chaque vigneron doit se faire sa propre expérience pour choisir la voie qui lui convient
vraiment, à lui et à sa vigne et surtout alors garder son cap car la vigne, qui est une liane, a besoin d’un tuteur physique et moral. Des expériences comme cette année pour les vignerons en
conversion seront difficiles mais indispensables pour progresser et en tirer des conclusions.


 



marc 28/07/2012 10:32

Le fauchage n'aurait pas été possible? Il a l'avantage de ne pas bouleverser le sol et de le travailler par la décomposition des racines laisser sur place. Qu'en pensez-vous?

Corinne Comme 03/08/2012 15:49



Le non-labour est une idée nouvelle qui ne me séduit pas. Tout d'abord, je ne veux rien semer dans les rangs pour ne pas perdre d'informations données par la flore autochtone. D'autre part,
le labour permet de contenir un excès d'éthérique. C'est une pratique millénaire et universelle et je ne vois pas de contre indication, surtout dans nos régions!



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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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