Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 07:53

 Nous avons pris l’habitude de faire un tour dans les vignes, pour rien, juste pour se balader. En fait, ce n’est pas tout à fait pour rien ; rien n’est jamais totalement gratuit. Même si c’est pour prendre l’air, il y a déjà cette raison !

 

On se balade en général une fois par semaine, en essayant de prendre un peu de recul sur le vignoble ; histoire de se décoller le nez du guidon et pouvoir ainsi se rendre compte de choses qui ne vont pas mais que la vitesse du quotidien nous empêche de voir.

 

En ce moment, les grains de raisin gorgés de soleil et gonflés de jus symbolisent à merveille cette période de l’année durant laquelle on récolte le travail d’une année et on profite de la générosité de la terre.

 

Parfois, en se baladant dans les vignes, on aperçoit un lièvre, un chevreuil ou même des zones fouillées par les sangliers.

A la maison, on ne déplore aucune attaque de ces animaux sur la vigne.

Seuls les chevreuils semblent avoir une affinité pour les boutons de rose que nous avons au bout des vignes.

Souvent, on entend parler de dégâts sur les cultures. Mais au lieu de se focaliser sur les animaux qui en sont à l’origine, on devrait se poser les bonnes questions ; c'est-à-dire notre rôle dans tout cela.

Qu’avons-nous fait, ou pas fait à notre terre pour que les animaux s’attaquent de cette façon à la culture ?

Ne peut-on pas faire un lien entre ces dégâts et l’impact négatif que nous avons sur la nature ?

N’avons-nous pas une responsabilité dans tout cela ?

 

Il est bien plus facile et confortable de renvoyer cette responsabilité sur les animaux. Cela évite de se pencher sur son propre lien à la nature. En disant cela, je ne me mets pas au dessus du lot ; tant nous avons encore à apprendre, comprendre et corriger nos façons de faire.

 

Au-delà de la technique, le raisonnement biodynamique consiste aussi à se poser les bonnes questions, c'est-à-dire le pourquoi des choses. Le rôle de chaque être dans la nature, que ce soit un homme, un champignon, un animal, une plante,…

Quand on a compris cela, on peut l’accompagner dans un sens que l’on souhaite et surtout dans le respect des grands équilibres.

 

Bref, ces balades sont un vrai moment de sincérité avec nos vignes mais aussi avec la nature en général.

C’est aussi un moyen de mettre en avant la conscience au détriment de l’émotion.

L’opposition entre ces deux états est fondamentale en biodynamie mais aussi dans la gestion d’un domaine, d’une entreprise et dans la vie en général.

 

Le problème, c’est que pour en parler, il faudrait encore des heures.

Ce sera pour une prochaine fois…

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Gosselin Jean Noël 21/09/2011 08:19


On parle qu'il y a beaucoup de pourriture....qu'en est il chez vous et dans le coin....????


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

Recherche