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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 10:13

Pour cause d’harmonisation européenne, la certification bio s’apprête à être revue et corrigée dans une direction moins contraignante pour les producteurs.

Ainsi, il n’y aura plus la nécessité d’avoir la totalité de sa production en bio pour pouvoir prétendre à la certification.

Avec 50 % et une intention pour le futur, ça devrait suffire.

Donc, on pourra voir dans le même bâtiment des produits chimiques et des produits naturels ; chacun devant théoriquement correspondre à une affectation précise.

 

Dans les chais, même chose. 

Certains lots de vin seront théoriquement issus de « raisins bios », d’autres de raisins conventionnels.

 

Et c’est justement le mot « théoriquement » qui coince.

Il y aura bien évidemment quelques personnes honnêtes qui joueront le jeu sérieusement.

Mais, pour toutes les autres ?

 

Actuellement, il n’est pas question de posséder des pesticides lorsqu’on est en bio.

Je ne suis pas dupe et je suppose qu’actuellement le « niveau d’honnêteté » n’atteint pas 100%.

Mais celui qui veut néanmoins contourner la loi doit acheter des produits sans qu’ils apparaissent sur les factures. Il faut donc une double comptabilité…et une bonne dose d’obstination à être malhonnête. Les pesticides devront aussi être physiquement invisibles sur le domaine.

 

Dans le futur, il suffira de dire que les pesticides sont destinés aux parcelles en conventionnels et le tour sera joué. Facile !

 

Pour les vins, une cuve pourra être en bio aujourd’hui et pas demain. Par contre la cuve d’à côté pourra se retrouver miraculeusement en bio du jour au lendemain en fonction des objectifs commerciaux. Une traçabilité n’est juste et sincère que lorsque l’utilisateur est lui sincère ; ce qui n’est pas une généralité nous le savons bien.

 

A tout cela, on pourra rétorquer qu’il est toujours possible de faire des analyses sur les feuilles ou sur le vin. Mais quelque est la probabilité d’être contrôlé ? Sûrement proche de zéro.

 

Le perdant, comme souvent, sera le client qui achètera un produit qui ne sera pas forcément ce qui est annoncé sur l’étiquette.

 

Echaudé une ou deux fois, il ne prêtera plus sa confiance aux produits bios qui auront alors perdu toute crédibilité.

 

Mais au fait, ce n’était pas la finalité vraie de cette réforme que de décrédibiliser la filière bio pour promouvoir l’agriculture dite conventionnelle, celle qui fait vivre les producteurs de pesticides ?

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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