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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 13:20

Comme tout bon vigneron de France, je dois remplir ma déclaration de stock au 31 juillet.

Il y a comme ça des passages obligés. Le 25 novembre, c’est la déclaration de récolte ; le 1er janvier, il y a les vœux. Et le 31 juillet, c’est la déclaration de stock.

 

J’ai donc compté tous les vins présents sur l’exploitation et aussi les capsules fiscalisées. Il faut ensuite faire des rapprochements avec le stock théorique et si besoin trouver la cause de discordances pour qu’à la fin tout soit conforme.

 

Cette année, l’inventaire a été particulièrement facile à réaliser. Il faut dire que les stocks de bouteilles sont au plus bas donc c’est plus rapide à compter.

On a connu des périodes où les stocks étaient importants. En plus du caractère fastidieux du comptage, le nombre de bouteilles nous rappeler sans cesse la triste réalité et nous faisait nous reposer la question centrale du « comment faire pour vendre du vin ? ».

Heureusement, ce temps est révolu et j’en savoure d’autant plus la situation présente !

 

Un autre élément qui rend le comptage plus facile (et les finances plus saines), c’est le resserrement de la gamme.

Après s’être étoffée dans le temps, elle est revenue à des valeurs sûres, c'est-à-dire des vins en adéquation avec le marché et la demande.

Je suis toujours surprise et même impressionnée de voir beaucoup de collègues multiplier les vins présents à la vente.

Dans notre fourchette de prix, il faut tout compter si on veut continuer d’exister.

Qui n’a pas été tenté d’élaborer une cuvée issue d’un terroir particulier, différent du terroir voisin ?

Pour quelques centaines de bouteilles, il faut concevoir et imprimer une étiquette spécifique. Pour de petites séries, cela peut se chiffrer en euros par bouteille.

Pour ceux qui comme nous font appel à un prestataire de mise en bouteilles, tout changement de référence pendant la mise est facturé plusieurs centaines d’euros.

On a vite atteint le prix de vente rien qu’avec le coût de l’habillage. On peut alors être tenté de vendre plus cher avec le risque réel de sortir du marché et de rien vendre.

Tout cela ne répond pas à la question fondamentale qui consiste à se demander si un tel vin, aussi bon soit-il trouvera un public permettant ainsi de pérenniser son existence.

 

Bref, j’essaie de ne pas être dans l’émotion quand je goûte mes différentes cuves en restant les pieds sur terre.

Certes, c’est moins poétique que d’avoir une multitude de cuvées aux noms plus ou moins originaux ou évocateurs, quand je fais mon inventaire, je me dis que je ne dois pas complètement être dans le faux.

 

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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