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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 15:51

Alors que l’Amérique votait et que le monde était tourné vers ce grand pays et son destin, Corinne écoulait ses cuves de la récolte 2012, chez elle à Margueron !

Le moment des écoulages est toujours intense dans mon cœur car il symbolise la fin des vinifications actives. Dans une certaine mesure, on ferme la porte des vendanges pour en ouvrir une beaucoup moins bruyante et colorée, qui va nous conduire semaine après semaine, mois après mois à la mise en bouteilles.

De façon plus mercantile, c’est aussi pour les rouges, le moment de découvrir la réalité des rendements.

Jusque-là, on avait dans la cuve, du jus, le marc et un vide nécessaire pour la fermentation.

La part de chaque composante était difficile à évaluer.  Les rendements en jus sont variables en fonction du cépage, de l’année, de la taille des raisins,… Donc, pas simple de savoir précisément.

A l’écoulage, on découvre la quantité réelle de vin de chaque cuve.

Pour moi, cette année la surprise n’aura pas été bonne. Je ne m’attendais pas à des miracles mais les quantités ont été un peu plus faibles que prévues.

C’est ainsi…

Heureusement, un verre du vin écoulé fait oublier ce petit désagrément. Pour le nombre de bouteilles produites en moins et que je ne pourrai donc pas proposer aux clients, il y a encore le temps d’y penser.

Après les écoulages, vient le lendemain le temps des décuvages. On sort le marc de la cuve pour l’envoyer dans le pressoir et en tirer ainsi le vin de presse ; si important dans la justesse d’un assemblage.

La nouveauté de l’année est venue de la fièvre de mon salarié alors que deux cuves étaient écoulées.

Dans notre pays, où on doit déclarer toute embauche bien avant le dernier moment, je n’ai pas osé trouver quelqu’un au pied levé pour remplacer la défection.

Je suis rentrée dans la cuve et j’ai donc sorti tout le marc à la fourche avec mes petites mains mais surtout mes coudes meurtris par des tendinites et mes poignets mis à mal eux aussi par les fameux « troubles musculo-squelettiques ».

Pour un employeur, pas d’arrêt de maladie ni de maladie professionnelle. N’ayant droit à rien ou presque en cas d’arrêt, un employeur range sagement sa douleur dans sa poche, serre les dents et continue de travailler.


Heureusement, c’est terminé. Les marcs sont pressés et tout est en ordre ou presque.

Je comptais bien illustrer mon propos de quelques photos, mais dans la précipitation, je n’ai pas eu le temps.

 

Ce sera pour la prochaine fois. L’an prochain…

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commentaires

Gosselin JN 09/11/2012 16:37

Corine, Une petite question....qu'allez vous faire des jus de presses ?

le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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