J’ai été frappée par la publicité qu’une propriété respectable au demeurant, a mis dans un magazine.
Il semble que ce domaine soit en bio, bien que le discours ne soit pas très clair. Par contre, il finit par ça : « passera en culture biodynamique en 2015 ».
Etonnant non ? Comme l’aurait dit Deproges.
En quoi, le fait d’envisager de passer en biodynamie dans 4-5 ans peut-il servir la crédibilité d’une exploitation et surtout des vins qui sont déjà sur le marché ?
Le fait de faire une telle annonce plusieurs années avant l’évènement ne montre-t-il pas une volonté uniquement marketing de ce domaine ?
Quand on souhaite dans son cœur passer en biodynamie, pourquoi ne pas le faire tout de suite ? La biodynamie possède tous les « outils » de la bio mais elle bénéficie de ressources bien plus larges, qu’elle seule est capable de fournir.
Il y a quelques jours ou semaines, je parlais ici-même des chevaux de trait trop souvent rappelés au service pour des questions bassement commerciales sans véritable souci de la vigne.
Je pense qu’il existe les mêmes dérives avec la bio et plus particulièrement la biodynamie.
Pour preuve, cette dernière se décline aussi maintenant sous forme de « biodynamie raisonnée » ( !!! ). En français dans le texte, on pulvérise éventuellement des préparats biodynamiques mais surtout on conserve une place de choix pour les pesticides. On ne les garde même pas « au cas où », on les garde tout court et tout le temps. Mais on communique largement sur la biodynamie.
Moins grave mais tout aussi gênant, on maintient un essai de biodynamie plus ou moins sincère sur 1 à 2% du vignoble pendant des années sans évolution et on communique uniquement sur cette surface en occultant les 98 ou 99% qui restent...
L’homme est ainsi fait. Moi aussi, je dois bien avoir des casseroles qui trainent derrière mes faits et gestes.
Au moins, faut-il rester sincère dans ce que l’on fait, même si c’est imparfait.

Philippe Betschart 04/03/2011
adiren 08/03/2011
Philippe Betschart 08/03/2011