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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 13:19

 C’est fait, la dernière cuve a terminé sa fermentation malolactique. On a donc totalement terminé la phase de vinification. Fini le clapotis discret de l’eau qui coule dans les tuyaux et de la pompe de circulation de la maitrise des températures. Pour une raison ou pour une autre, il y a pratiquement 3 mois qu’on a tourné le bouton qui mettait cette pompe en fonctionnement. 3 mois dans une année, ce n’est pas rien.

Cette période de pré-vendange semble être à la fois proche et loin à la fois. Pourtant, en regardant dehors, on comprend très vite qu’on n’est plus en été…

 

Les vins sont séparés de leurs lies quelques jours après la fin de cette fermentation. Il y a bien longtemps que j’ai arrêté toute fermentation malolactique en barrique. A l’époque, Jean-Michel et moi étions jeunes et sûrement plus sensibles aux modes et aussi en recherche de notre route.

 

Mais si on élargit un peu la perspective, on peut se demander ce qu’il reste, une décennie après des modes d’élevage sur lies pour les rouges avec bâtonnage et éventuellement micro-oxygénation. Aucun vin n’a changé de statut par cette technique (ou une autre d’ailleurs). Au pire, certains y auront gagné quelques défauts…

 

Je n’ai jamais fait tout cela et ce n’est pas maintenant que je m’y aventurerais dans la mesure où j’éprouve un sentiment de rejet épidermique de ces techniques qui, au mieux, ne font que gommer le terroir.

 

Pour les blancs aussi, j’ai ressenti très vite le besoin de retirer les lies assez tôt du contact avec les vins et de ne surtout pas les remettre en suspension. J’ai vu grandir en moi la volonté de conserver un lien fort au terroir et en restituant dans les vins ce caractère tendu que j’adore.

 

Plus le temps passe, plus je trouve que mes vins ressemblent à leur terroir dans une expression épurée. Mais ils portent aussi en eux une partie de mon âme.

 

Ils ont besoin de moi pour naître et les guider, j’ai besoin d’eux pour exister.

Une vraie symbiose…

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le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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