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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 15:27

A ma façon, je commémore l’indépendance de l’Algérie en pensant à mon papa qui a vu son monde s’effondrer autour de lui, il y a cinquante ans.  Née dans ce pays que je ne connais pas en 1965, je n’ai pas vraiment refermé la plaie de l’histoire et plus le temps passe, plus ce manque de racines me pèse.

 

Un demi-siècle est passé depuis et les commentaires des uns et des autres sont nombreux, parfois même déplacés, pour donner un éclairage plus ou moins partisan aux « évènements ».

 

Mon sentiment aujourd’hui est que la France, terre d’accueil, a accepté depuis ce demi-siècle et de tous les horizons des millions de personnes.

Pourtant, beaucoup de ces gens attirés par le niveau de vie de notre pays, n’avaient rien fait pour elle ; certains même, la détestent ouvertement et profitent de notre liberté de parole pour le dire.

 

Pourtant, il y a cinquante ans, lors de l’indépendance de l’Algérie, notre pays a abandonné à un sort terrible les Harkis qui avaient choisi la France.

 

A la lumière de l’histoire, on peut dire que ces gens là s’étaient trompés de camp.

Mais notre pays leur devait assistance et protection. Ceux qui ont échappé à une mort certaine et ont pu gagner la France, ont connu l’humiliation des camps dans des conditions à mi chemin entre la prison et la caserne militaire.

 

Autre temps, autre époque pourrait-on rétorquer.

Oui mais, depuis cinquante ans aucun gouvernement n’a accepté de leur témoigner une quelconque excuse ou compassion sincère et durable.


Ils sont pour le coup, les grands oubliés d’une histoire qui s’est écrite pour eux avec des lettres dont le sang était teinté d’encore plus d’amertume que pour les rapatriés « français de souche ».

 

J’ai honte de ce que mon pays a fait subir à ces gens, fidèles parmi les fidèles à un drapeau qui n’était pas le leur.

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commentaires

marc Dalbavie 20/03/2012 00:32

Je n'ai pas l'habitude de m'exprimer sur ce genre de sujet, mais j'ai moi aussi des amis rapatriés. Je crois qu'en France, l'histoire de la collaboration avec les nazis a jeté sur les harkis une
image fausse mais presque incontournable. Pour bcp de français, les harkis auraient du prendre fait et cause pour l'Algérie indépendante. Pourtant, les deux histoires sont totalement différentes:
l'Algérie était constituée de Berbères, d'arabes, de juifs et d'européens depuis très longtemps. Pour beaucoup de gens, c'était devenu la France. Tandis qu'en 1939-45 la France n'était pas
l'Allemagne! Autant on ne peut pas comprendre les collaborateurs qui ont trahi leur pays, autant on peut comprendre que des algériens musulmans se considéraient français et voulaient partager nos
valeurs, puisque l'Algérie était française depuis plus d'un siècle. Comment trahir un pays qui ne s'est constitué qu'après les évènements? Pourrait-on dire que les corses qui sont contre les
indépendantistes trahissent la Corse? Non, ce sont des corses qui croient aux valeurs de la France. C'est pourquoi je vous suis dans la défense des harkis. Ils sont d'autant plus méritants que bon
nombre de français ne se sont pas montrés des colonisateurs pacifiques et tolérents, loin s'en faut. C'est un sujet douleureux et difficile dans notre pays. Le plus dur est que l'opprobe leur vient
originellement de l'homme qui a incarné la résistance: de Gaulle qui avec son principe "une nation, un pays", ne pouvait pas comprendre que les harkis puissent se sentir français. Là aussi, la
deuxième guerre mondiale a fabriqué la grille de lecture sur l'indépendance algérienne. Ce voile nous empêche encore maintenant, de regarder sereinement cette Histoire.

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En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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