Dans le contexte politico-sordido-people actuel, il peut paraitre délicat d’utiliser un titre pareil.
Rassurez-vous, je veux tout simplement parler de l’utilisation d’hormones pour empêcher les papillons femelles d’attirer les males et éviter ainsi que des chenilles viennent ensuite coloniser les grains de raisin.
On appelle la technique de la « confusion sexuelle ».
De loin, de très loin, la solution est présentée comme écologique en supprimant, ou plus souvent en diminuant l’utilisation d’insecticides.
Pourtant, Jean-Michel et moi n’avons jamais pensé que la technique puisse être neutre vis-à-vis de l’environnement.
L’hormone est une molécule d’une extraordinaire puissance puisqu’elle agit au milliardième de gramme, voire au dix milliardième de gramme. Ainsi, une femelle papillon (qui ressemble en forme et taille à une mite des vêtements), attire un male à plusieurs centaines de mètres grâces aux hormones qu’elle émet.
Et depuis quelques années, les viticulteurs se sont mis à répandre dans l’environnement des litres et des litres de la copie synthétique de l’hormone de la femelle papillon.
Le produit est placé dans des petites capsules qui émettent nuit et jour pendant des mois, leur produit magique et cela à raison de plusieurs centaines de capsules à l’hectare.
Personne se semble se demander ce que deviennent ces produits véhiculés au grès du vent.
On fait comme si le produit disparaissait une fois qu’il a loupé sa cible, c'est-à-dire quand il ne finit pas dans le récepteur d’un mâle papillon.
On ne fait jamais le lien entre des affections qui deviennent endémiques ou des stérilités préoccupantes et de nouvelles pratiques.
Pourtant, il y a maintenant l’exemple bien connu des hormones contraceptives humaines qui, « dans une seconde vie », se retrouvent dans les rivières et rendent les poissons femelles ; faisant exploser la barrière des espèces.
Dans le cas de la confusion sexuelle, on a toujours l’insouciance de la merveilleuse nouveauté. Pourtant, on commence à entendre des choses surprenantes comme des lapins qui sont beaucoup moins présents dans les zones sous confusion sexuelle.
Bizarre. Deviennent-ils stériles ou tout simplement « irrités » par ce produit destiné aux papillons ? La réponse, je ne la connais pas.
Mais dans tous les cas, là aussi, la barrière des espèces semble bien perméable.
Que les gens en chimie utilisent cette méthode en pensant faire bien n’est guère surprenant. Elle leur donne souvent aussi leur seul argument pour dire qu’ils respectent l’environnement.
Imaginez donc, ils ont économisé un insecticide…sur les 15 ou 20 molécules chimiques qu’ils épandent en toute quiétude tous les ans.
Mais ce qui me surprend le plus c’est de voir des viticulteurs bio et éventuellement biodynamistes en être réduits à jouer eux-aussi de l’hormone.
Et oui, cette hormone de synthèse est homologué en bio. Surprenant, surprenant…
Il y a même de grands reportages télévisés ou de campagnes de promotion pour ceux, bio ou pas qui mettent en pratique cette confusion. En général, les gens se groupent pour augmenter les surfaces couvertes et ne pas laisser de zone sans cette merveilleuse hormone.
Dommage pour ceux dont je fais partie qui sont dans la zone sans pouvoir protester.
On est aux antipodes de ce que l’on peut appeler le respect des équilibres, de la nature, du vivant et même des humains.
On doit alors être dans une biodynamie à contours mouvants !
Le monde est bien étrange et l’avenir est toujours aussi peu réjouissant…

Clément 30/05/2011
jull 01/06/2011
Guy Salmona 04/06/2011