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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 08:58

Le mot biodiversité est très souvent utilisé sans que l’on sache très bien ce qu’il représente vraiment. Aussi, j’ai décidé de faire le point sur cette chose bizarre en fonction de ce que les gens en disent.

 

Tout d’abord, on sait que la biodiversité a des pattes car les étudiants de l’Enita ont mis au point une méthode de comptage basée sur le comptage du nombre de pattes.

La biodiversité n’a pas peur de l’homme car elle vit dans les parcelles cultivées. Elle est même particulièrement docile (et intelligente) car elle a compris qu’il faut se réfugier dans les bandes prévues pour la biodiversité quand elle entend le tracteur arriver avec ses pesticides.


De même, le simple vue du gyrobroyeur l’incite à sauter dans le rang d’à côté que l’homme a pris le peine de ne pas faucher à cet effet. La biodiversité fait donc bonne équipe avec l’homme. Sans se parler, ils se comprennent.

 

On lui a même appris à aller se reproduire dans les refuges à biodiversité, sortes de HLM pour biodiversité et construits par l’homme avec des bouts de bois troués.

Justement, le faible diamètre des trous semble indiquer que la biodiversité est de petite taille.

 

La biodiversité n’est pas exhibitionniste dans ses moments de reproduction. Elle affectionne le calme discret de ces lieux dédiés.

 

La plupart de ceux qui s’intéressent à cette biodiversité utilisent des pesticides et entendent bien continuer. Donc, la biodiversité a appris à retenir sa respiration quand elle voit le pulvérisateur cracher ses poisons sur la culture ainsi que sur les zones de refuge pour biodiversité.

 

Après cette énumération, on peut être tenté de penser que la biodiversité est très proche des choses matérielles. Et bien non !

La preuve, elle aime les fleurs. Elle prend beaucoup de plaisir à gambader parmi toutes les espèces décoratives colorées semées par l’agriculteur pour donner l’illusion qu’il respecte la nature.

 

Maintenant, je pense que vous serez en mesure quand vous en croiserez, de reconnaitre la biodiversité, la vraie en la distinguant bien des contrefaçons.

 

Un point me chiffonne malgré tout : on ne sait toujours pas à quoi sert la biodiversité.

Au début, on lui avait prêté une utilité dans la régulation des ravageurs puis on s’est ravisé en reconnaissant qu’elle ne servait rien de concret.

 

Par contre, on ne s’est toujours pas dit qu’en supprimant les pesticides on n’aurait pas besoin de faire des bandes et autres refuges ; tout serait un milieu de vie sain pour les êtres vivants…et les hommes.

 

Oui mais, que feraient tous ceux qui comptant, notant et enregistrant la biodiversité, se sentent très occupés et très importants ?

 

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commentaires

Régis 14/02/2011 19:55


Pourquoi la biodynamie ne serait elle pas généralisable partout ?
Il y a certes des problèmes différents et plus ou moins intenses selon les régions, mais on peut être en biodynamie partout, il suffit de travailler sérieusement et d'être l'écoute de sa vigne et
de son terroir !


Christian 12/02/2011 13:34


Et dans le cas de l'apparition d'un nouveau parasite, d'une nouvelle maladie, que faire en bio?

On exclue le fait qu'il soit possiblement engendré par une agriculture intensive, ou raisonnée, c'est à dire toujours chimique, si vous voulez, puisque pour le moment, c'est la donne, et rien ne
peut être changé radicalement dans les quelques années qui viennent.

Je sais, ce discours peut-être utilisé par les défenseurs des OGM de l'agroindustrie, par les industries produits phytos etc...

Mais la réalité est tout de même là : la sécurité en agriculture bio n'est pas la même qu'en conventionnel, il faut que les gens soient très bons techniquement, très équipés, avec beaucoup plus de
main d'œuvre. Il suffit qu'un mauvais agriculteur, et il y en a, se plante, pour que son voisin soit infestés de saloperies. S'il est en conventionnel, pas de soucis, il s'en sort assez facilement,
mais le mec en bio va ramer... En bref, une partie des agriculteurs bio est bien souvent protégée des pressions de parasitisme et maladies par ses voisins conventionnels.

Autrement, ça demande une sacrée bonne dose de croyance dans l'autorégulation etc... une croyance comme une autre. Quand votre voisin se plante en bio, il vous entraîne avec! Or nous n'habitons pas
tous reclus dans les montages du massif central à faire pousser des framboises avec le premier voisin à 5km à la ronde...

Le bio est une méthode de production noble, avec des gens bien souvent plus impliqués, et cela demande une grande compréhension de multiples interactions entre sol, plante, bestioles...une
compréhension très fine de mécanismes très fins.

Mais lorsque l'on raisonne au niveau agrégé d'un pays développé de 60 millions d'habitants, et lorsqu'on multiplie par 100 au niveau du monde, on arrive à autant d'impasses que celles de
l'agriculture conventionnelle.

Et vous avez tendance, Madame Comme, à vous lire ici, à faire parfois dans te ton du prédicateur qui a LA solution. La biodynamie c'est intéressant, mais c'est une chose qui ne peut être appliqué
qu'à des exploitations bien particulières, dans des lieux bien particuliers. Et à rester donc une niche.
Une des choses que pourrait permettre et que permettent la bio et la biodyn, c'est de montrer aux conventionnels des années 60-70, qu'il est possible par des moyens simples de réduire les intrants
(haies, engrais verts, rotation...), en bref, on redécouvre les vertus des écrits d'Olivier de Serres, XIIIème siècle. Autrement, le bio et la biodyn, pour moi, ne sont pas des solutions
généralisables à très grande échelle. Mais discutons-en!


le blog de Corinne Comme

En créant ce blog,  je souhaite faire partager une certaine approche de notre métier de vigneron afin de réhabiliter le mot « paysan ». Au-delà de son rôle dans la production de denrées alimentaires, il doit aussi être le gardien d’un savoir ancestral et faire le lien entre la nature, les animaux et l’humanité. Il est l’observateur et le garant des grands équilibres de la vie. C’est une tache prenante et passionnante qui s’accompagne de joies, de peines et de moments de doutes.

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